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Chronique des matières premières

Le raffinage dans la zone atlantique à nouveau en danger de surcapacité

Audio 01:55
François Hollande hérite du dossier de la raffinerie Petroplus en Normandie.
François Hollande hérite du dossier de la raffinerie Petroplus en Normandie. ReutersDenis Balibouse/

L'avenir de la raffinerie Petroplus en Normandie est l'un des dossiers dont hérite le nouveau président français, François Hollande. Dans un contexte où le raffinage en Europe et aux Etats-Unis se porte un peu mieux, mais peut-être pas pour très longtemps...

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L'Agence internationale de l'énergie a tiré la sonnette d'alarme tout récemment. Les capacités de raffinage de part et d'autre de l'Atlantique risquent de redevenir trop importantes dans les mois qui viennent, et donc de précipiter à nouveau cette industrie dans la tourmente.

Depuis 2010, où le marché de l'essence en Europe s'est retrouvé fortement excédentaire, les fermetures de sites se sont multipliées. Total a condamné sa raffinerie de Dunkerque ; Petroplus, en faillite, a fermé ou mis à l'arrêt ses quatre usines européennes, en attendant de trouver repreneur... Aux Etats-Unis, ConocoPhilips a aussi arrêté ses unités de la côte est. En janvier dernier, les capacités de raffinage des Etats-Unis et de l'Europe étaient réduites au minimum, elles avaient fondu d'un million et demi de barils par jour. C'est ce qui a permis aux marges de raffinage, cotées aux Etats-Unis, de rebondir, puisqu'elles ont doublé depuis l'an dernier.

Pourtant, cette aisance nouvelle de l'industrie occidentale du raffinage pourrait ne pas durer, car nombre d'usines qui étaient à l'arrêt vont reprendre leur activité dans les semaines qui viennent. Elles ont, entre temps, été rachetées par de nouveaux acteurs du raffinage. Des opérateurs du négoce comme Vitol, qui a repris les usines suisse et belge de Petroplus, ou des compagnies aériennes et fonds d'investissement aux Etats-Unis. Tous souhaitent faire de bonnes affaires tant que c'est possible, avec des marges regonflées. Même Petroplus de Petit-Couronne dans le nord-ouest de la France, dont le sort n'a pas été réglé définitivement, devrait redémarrer dans le courant du mois, puisqu'un accord temporaire de fourniture de produits pétroliers à Shell a été conclu pour six mois.

Sur 1,6 million de barils de supprimés, 1,3 million pourraient être recréés... Un quasi-retour à la situation antérieure du raffinage dans la zone atlantique, zone morose en termes de consommation. Parallèlement, des capacités supplémentaires sont créées à tour de bras en Asie et au Moyen-Orient, là où les besoins en produits pétroliers sont les plus forts et où les contraintes environnementales sont beaucoup moins strictes qu'en Europe. Les industries pétrolières viennent d'ailleurs de plaider pour un infléchissement de Bruxelles dans ce domaine.

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