Revue de presse Afrique

A la Une de la presse Afrique: l’imbroglio malien

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La situation politique au sud du pays est toujours bloquée. Et pendant ce temps, dans le nord, les groupes rebelles imposent leur loi à des populations qui n’en peuvent plus.

Au sud, donc, la transition politique « semble dans l’impasse, résume timidement L’Indicateur du Renouveau. Les putschistes refusent la proposition de la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest d’organiser une transition de 12 mois ».

Quant à Dioncounda Traoré, il rejette la convention proposée par la junte pour désigner le futur président.

« On n’en attendait pas moins de la part d’un président, même par intérim, qui, à seulement quelques jours de la fin de son trop bref mandat, n’a ni les moyens ni le temps de céder aux lubies du capitaine Sanogo », approuve L’Observateur au Burkina-Faso. Car depuis sa désignation le 12 avril dernier, Dioncounda Traoré « n’a cessé depuis lors de pédaler dans la choucroute sans jamais pouvoir véritablement s’imposer, s’agace le journal burkinabé (…) Qu’il le veille ou non, enchérit L’Observateur, la réalité du pouvoir semble toujours dans les mains de ceux qui détiennent les armes ».

Oui. L’idée d’une convention proposée par le capitaine Sanogo, les politiques la rejettent. Car ils la soupçonnent d’être une « voie royale de légitimation » de la junte, explique le journal malien Le Républicain.

Le quotidien admet, certes, qu’une « solution endogène à la crise serait un idéal, mais, complète Le Républicain, faut-il craindre que cette vue ne soit purement une utopie et qu’elle ne conduise droit au mur, après des échecs accumulés. Et surtout qu’elle ne soit un boulevard pour la junte au pouvoir. Chat échaudé craint l’eau froide, les armes ne s’accommodant pas aux urnes.».

Et le journal de rappeler, entre autres expériences du passé, celle du lieutenant Moussa Traoré, arrivé au pouvoir en 1968 et qui s’y est maintenu jusqu’en 1991.

Mali : le sud perd le nord ; au nord, plus rien à perdre

L’imbroglio étant à son comble au Mali, les populations se demandent ce qui pourrait bien se passer maintenant. Les Maliens s’interrogent sur l’issue de « ce blocage sur la question de la transition, souligne aussi Le Républicain, sachant bien que le délai constitutionnel de 40 jours d’intérim expire le 22 mai ». Et le quotidien rappelle que le Capitaine Sanogo « avait annoncé que pas une seconde ne sera ajoutée à cette date butoir, rejetant ainsi la décision de la Cédéao de fixer la durée de la transition à douze mois ».

En attendant, le nord du Mali est « oublié au profit de la guerre de positionnement, se récrie Le Politicien Africain (…) Le Premier Ministre de transition (…) multiplie les rencontres avec (la junte), une façon pour lui d’asseoir son autorité (…) Quant à la (dite) junte, (elle) veut contrôler tout et décider de tout. (…) La libération du Nord est relayée au second plan. Tout le monde cherche à asseoir son pouvoir (…) Les populations doivent prendre leur mal en patience, car leur délivrance du joug des rebelles n’est pas pour le lendemain », soupire Le Politicien.

Le nord du Mali, justement. Le journal Le Matin confirme qu’à Gao, des jeunes de la cité des Askia, « exhibant le drapeau tricolore de leur pays », ont manifesté en début de semaine pour protester contre les interdictions en tout genre à eux imposées par les « salafistes d’Ansar Dine et autres mouvements rebelles qui occupent leur ville, résume le journal. (Car) Conformément à leur supposée charia, interdiction est faite aux populations de fumer de la cigarette ; de s’arrêter avec une femme dans la rue ; les femmes sont priées de rester dans les concessions ; les jeunes ne peuvent pas jouer au football, regarder la télé », regrette Le Matin.

Alors que va-t-il se passer dans les heures qui viennent ? « A Abidjan, les ministres ouest - africains s’emploieront à arrêter des mesures politiques pour remettre la transition (au Mali) sur les rails, prédit, sans autre précision, Fraternité Matin. Il va falloir rappeler l’ex-junte à l’ordre. Il n’est surtout pas question de sortir du cadre constitutionnel malien, comme le rappelait, hier, le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo ».

Gouvernement Ayrault : impair et manque

Le gouvernement français vu d’Afrique… En Côte d’Ivoire, Fraternité Matin se penche sur la nomination de Christiane Taubira au poste de Garde des Sceaux. Le journal salue l’accession d’une « femme de couleur » au ministère de la Justice, mais estime que la promotion de « l’icône Taubira » a été décidée pour « éloigner le boulet Ferry », en référence à l’hommage au héraut de l’école républicaine française Jules Ferry rendu le jour de sa prise de fonction par le Président François Hollande. Ce que le quotidien gouvernemental ivoirien estime avoir été un « impair ».

Et SlateAfrique brosse le portrait du tout nouveau ministre délégué au Développement, l’écologiste Pascal Canfin, 37 ans, dont l’atout principal est qu’il n’a « pas de casseroles. Pas de liens ni de réseaux africains », se félicite le site Internet, qui trouve toutefois le nouveau ministre « un peu vert ». Rien de plus normal pour un écologiste. Mais en l’occurrence, cette remarque de SlateAfrique tend à signifier que Pascal Canfin manque d’expérience africaine.

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