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Chronique des matières premières

Moratoire inattendu sur l'exploration pétrolière en Guyane

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Une plate-forme pétrolière.
Une plate-forme pétrolière. (DR)

Le gouvernement français a suspendu mercredi 13 juin les permis de forage de Shell, au large de la Guyane. Un premier geste fort en direction des écologistes.

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La décision du gouvernement a surpris tout le monde. A commencer par l'opérateur, Shell. L'arrivée de sa plate-forme dernier cri venue des chantiers coréens était imminente dans les eaux guyanaises. La compagnie anglo-néerlandaise, associée à la française Total et à l'Irlandaise Tullow, considérait le feu vert des autorités préfectorales de Cayenne, prévu ce jeudi 14 juin, comme une formalité, neuf mois après la découverte inespérée du bassin pétrolier guyanais.

C'était sans compter la méfiance de la nouvelle ministre de l'Ecologie et de l'Energie - une tutelle commune très parlante - à l'égard des hydrocarbures non conventionnels. La résistance des associations écologistes fut également déterminante. Cinq d'entre elles ont très habilement souligné que le principe de précaution n'était pas appliqué de la même façon dans le département d'outre-mer et en métropole, puisque avant la présidentielle, le projet de forer au large des Calanques de Marseille (permis Rhône-Maritime) avait été retoqué pour ses risques sur l'environnement, en particulier sur les cétacés. Une faune également présente au large de la Guyane. En cause aussi l'extrême profondeur des forages guyanais : 6 000 mètres, une première sur le territoire français, avec l'usage associé des boues à l'huile.

Plus largement, le nouveau gouvernement veut remettre à plat l'ensemble des permis pétroliers et gaziers le temps de réformer cet été le code minier français, pour obtenir plus de garde-fous environnementaux et davantage de retombées économiques pour les territoires. Le permis de « Guyane maritime », considéré comme une manne pour le département d’outre-mer et comme un gage d'indépendance énergétique pour la France, n'est pas annulé, il est seulement suspendu. En attendant son déblocage, les compagnies pétrolières vont enregistrer des pertes (un million de dollars par jour pour Shell en plus des 5 à 10 milliards que devait coûter la totalité du projet). Cela pourrait peut-être les encourager à faire des concessions et à apporter des garanties du type pollueur-payeur.

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