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Chronique des matières premières

Dans un livre blanc, la Chine justifie le verrouillage des terres rares

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Des minéraux rares sont extraits des sols pour être chargés au port de Lianyungang, dans la province du Jiangsu et exportés vers le Japon.
Des minéraux rares sont extraits des sols pour être chargés au port de Lianyungang, dans la province du Jiangsu et exportés vers le Japon. AFP

En réponse à la plainte des pays importateurs de terres rares devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pékin a exposé ce mercredi 20 juin ses arguments.

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Avant que l'affaire n'entre véritablement en contentieux à l'OMC, Pékin tenait à justifier ses quotas d'exportation des terres rares, qui ont en deux ans multiplié jusqu'à dix le prix de certains de ces métaux, très utilisés aujourd'hui dans les écrans des portables, les ampoules LED, les moteurs d'éoliennes, ou les avions de chasse. Dans son livre blanc, le gouvernement de Pékin explique sa volonté de consolider une filière qui demeurait jusqu'à présent très anarchique, avec une multitude de petites sociétés qui procédaient non seulement à l'extraction des terres rares, mais aussi à leur séparation dans des conditions effroyables pour la sécurité des humains et pour l'environnement. La production incontrôlée faisait chuter les prix.

Avec la création d'une Association chinoise des terres rares et d'une bourse du commerce des terres rares, la Chine resserre les boulons. Un large mouvement de concentration des entreprises est déjà à l'œuvre dans le nord, en Mongolie intérieure, là où on extrait les terres rares légères, comme dans le sud, la région de Ganzhou, là où l'on produit les terres rares lourdes les plus précieuses. La contrebande devient de plus en plus difficile et de ce fait les quotas d'exportation vont devenir désormais une vraie contrainte pour les pays importateurs car ils reflèteront la totalité des ventes à l'étranger, ce qui n'était pas le cas encore l'an dernier puisque le quota officiel d'exportation n'avait pas été atteint ; la crise économique ou la parcimonie plus grande du Japon sur les terres rares utilisées pour ses écrans plats n'expliquaient pas tout.

Dans son livre blanc la Chine invite les pays importateurs de terres rares à développer d'autres sources d'approvisionnement, c'est ce qui se produit aux Etats-Unis, en Australie, au Vietnam, à Madagascar. Pékin interpelle aussi ses clients : « venez nous aider à traiter les dégats sur l'environnement, venez nous aider à recycler les terres rares ». Il n'est pas sûr pourtant que ce livre blanc convainque l'OMC, qui a déjà condamné la Chine pour avoir restreint le commerce d'autres métaux stratégiques. L'argument environnemental avait été rejeté parce que la Chine traitait différemment son marché domestique et le marché international, or les prix des terres rares sont deux fois plus élevés à l'export qu'en Chine.

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