Accéder au contenu principal
Grand reportage

Espagne : les régions plombées par leurs dettes

Audio 19:00
La folie dépensière des régions, un désastre financier.
La folie dépensière des régions, un désastre financier. RFI/Agnieszka Kumor
25 mn

Cap sur l’Espagne, le nouveau malade de l’Europe. Largement responsables du dérapage budgétaire de ce pays de 46 millions d’habitants, les 17 régions autonomes ont de plus en plus de mal à payer leurs fonctionnaires. Très endettées depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, elles devraient battre le record de déficit cette année, ce qui pourrait compromettre les objectifs visés par le gouvernement.

Publicité

Un gouffre financier

Plus de 145 milliards d’euros de dettes ! Un record. Le pacte fiscal qui lie l’Etat central et les 17 régions autonomes l’empêche pourtant. Il fixe le déficit budgétaire des régions à 1,5% du PIB régional. Mais, avec 21% du PIB régional pour la dette de la Catalogne, ou 20% pour la Valence, on est, en effet, très loin du compte. D’autres mauvais élèves sont : les Baléares et la Castille-La Manche. En revanche, la moins endettée est la région de Rioja, avec 960 millions d’euros. Mais, c’est aussi la région la moins peuplée d’Espagne.

L’autonomie mise à l’épreuve

L’autonomie des régions espagnoles est inscrite dans la Constitution de 1978, celle-là même qui a marqué la transition de l’Espagne de la dictature de Franco à l’Etat de droit. Les régions ne sont autonomes que dans le cadre législatif et exécutif, elles n’ont pas l’indépendance judiciaire. Néanmoins, elles mènent leur propre politique budgétaire. Et c’est là, que le bât blesse. Une grande partie des ressources dont disposent les régions provient de l’Etat central, qui leur reverse les produits des impôts nationaux proportionnellement à la population de chaque région. On assiste à une certaine « schizophrénie financière » : les régions gardent la gestion de leurs dépenses, mais tendent la main vers l’Etat central pour assurer leurs subventions.

Le prix de cette autonomie est donc bien lourd. Sans compter qu’il y a un autre problème, plus sournois. Les caisses d’épargne propres à chaque région autonome ont été beaucoup politisées. Leurs directeurs puisaient dans l’argent des communautés dont ils avaient la gestion, et le distribuaient à des politiciens pour assouvir leur folie des grandeurs. Cet argent devait être remboursé un jour. La dette, ce n’est pas uniquement cet argent public dépensé sans compter, mais aussi les crédits donnés à des entreprises, à des particuliers, mais qui ne peuvent plus les rembourser. Résultat : les banques se sont retrouvées avec des actifs pourris dans leurs bilans, mais aussi avec un parc de logements non vendus. De plus, le crédit s’est presque totalement asséché aujourd’hui en Espagne, et sans crédit - pas d’activité dans le pays.

Un parc de logements non vendus

Selon l’Instituto de Práctica Empresarial, fin 2011, il restait encore plus de 800 000 logements neufs non vendus. Plus de la moitié de ces appartements se trouve dans les régions de Valence, d’Andalousie et de la Castille-La Manche. Et c’est la Communauté de Valence qui bat le triste record avec près de 190 000 logements vides, non vendus ! Et pourtant, le nombre des invendus baisse. Une baisse due surtout à la chute des prix de l’immobilier, ce qui encourage les Européens à acheter sur la côte espagnole. La fameuse Costa del Sol est très prisée par les Russes qui s’y plaisent aussi bien que sur la Côte d’Azur en France…
 

Cliquez sur l'image

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.