Revue de presse française

A la une : déserts médicaux et dépassements d'honoraires

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L'Humanité met aujourd’hui un coup de projecteur en une sur les « déserts médicaux » en banlieue parisienne. Le quotidien communiste avance deux cas de figure: soit l'absence de médecins, comme cela arrive souvent en zones rurales, soit l'absence d'accessibilité sociale, c’est à dire que des médecins pratiquent des dépassements d'honoraires qui excluent un certain nombre de patients. A La Courneuve, une ville pourtant située tout près de Paris, on recense ainsi seulement cinq médecins pour 10 000 habitants ; c'est quatre fois moins que dans le sixième arrondissement de Paris, par exemple. Difficile d'attirer le personnel médical dans les quartiers, consent L'Humanité. Pour l'instant, le ministère n'a pas tranché sur les méthodes pour y remédier...

2.5 milliards d’euros de dépassements d’honoraires

En revanche, il veut s'attaquer à la pratique du dépassement d'honoraires par les médecins, c'est à dire au fait de pratiquer un tarif supérieur à celui de la Sécurité sociale. Cela concerne un quart des médecins, surtout les spécialistes, selon la ministre de la Santé Marisol Touraine, et ces dépassements ont quasiment triplé en dix ans pour atteindre 2,5 milliards d’euros en 2010. « L’ouverture aux dépassements d’honoraires, en 1980, était assortie de cette magnifique formule, "ils seront pratiqués avec tact et mesure", rappelle La Charente Libre. Que vienne donc la loi ou le contrat négocié, parce que pour le tact, c’est foutu ! ». Et on y vient, puisque la ministre prévient qu'en cas de tarifs abusifs, « les médecins seront sanctionnés » d'ici la fin de l'année. C'est la Sécurité sociale qui aurait ce pouvoir, selon La Croix. Mais où commence l'abus ? C'est ce que devront déterminer l'assurance maladie et les syndicats de médecins fin juillet. Ces négociations s'annoncent difficiles. Dans Les Échos, le président de la Mutualité française explique déjà qu'il ne signera rien « sans revalorisation des tarifs des médecins ». L'éditorialiste du quotidien économique renchérit: « Le vrai prix de la médecine, ce n'est pas 23 euros ».

Dérives au ministère de la Défense

A deux jours du grand défilé militaire du 14 juillet, la Cour des Comptes épingle le ministère de la défense. Elle pointe du doigt des « dérives dans les finances » dans son bilan, à mi-parcours, de la loi de programmation militaire. « Cela pourrait être un gag. Malheureusement non, écrit La Tribune.fr. La Cour (...) a révélé un dysfonctionnement majeur du ministère de la Défense. [Ce dernier] attendait [des économies] avec la suppression de 23 000 emplois ». Mais au contraire la masse salariale a continué d'augmenter. En cause: « un recours trop systématique à la promotion, à l'avancement », écrit Le Figaro Économie. L'encadrement supérieur, [généraux, colonels, commandants] a augmenté de près de 16% depuis 2008, précise Le Monde. Les sages préconisent donc des économies sur ce point et sur d'autres leviers. Difficile, quand on sait que l'armée française a déjà du mal « à remplir intégralement [son] contrat ». « L'armée de l'air n'a pas les capacités de transport et de ravitaillement prévues, rappelle Le Monde. La Marine ne peut déployer en permanence un groupe aéronaval et l'armée de terre manque de capacités de frappe ».

Le Mali: faut-il intervenir ?

Deux quotidiens se demandent ce jeudi si les pays occidentaux doivent intervenir au Mali pour déloger les islamistes qui ont pris le contrôle du Nord du pays. C'est la une de Libération. Etant donné que la situation au Nord-Mali tient en partie à l'intervention militaire en Libye, cela devrait « justifier par principe une nouvelle intervention sous l'égide de l'ONU ». Une question de « responsabilité », juge l'éditorialiste.

Mais en pratique, c'est un peu plus complexe. La France est gênée aux entournures. Elle ne saurait « en raison de son statut d'ex-puissance coloniale, jouer un rôle de premier plan », explique le journal. Pourtant, « sur le plan de la logistique et du renseignement, l'armée malienne n'est pas en mesure, à l'heure actuelle, de se lancer à la reconquête du Nord ». Elle a besoin, donc, d'un renfort extérieur au Mali, et même extérieur au continent, puisqu'aucun « pays de la Cedeao n'a les moyens nécessaires pour projeter des forces solidement armées dans le désert ».

Mais dans le journal L'Humanité, l'historien Jean-Louis Triaud soutient qu'une « intervention militaire serait une catastrophe ». Selon lui, les islamistes « connaissent leur terrain et auront donc toutes les facilités pour échapper aux raids venus de l'extérieur ». « Prendre Gao ou Tombouctou, ce n'est pas si compliqué, renchérit un expert militaire dans Libération, mais tenir le désert l'est beaucoup plus ». Il insiste sur la nécessité d'une aide des Touaregs pour y parvenir.

Barack Obama n’est pas allé sur Mars

Un sujet plus léger pour finir : les sirènes n'existent pas, c'est confirmé ! « Aucune preuve de l'existence d'humanoïde aquatique n'a été découverte ». Le Service national des océans, un très sérieux organisme officiel américain, s'est fendu d'un communiqué pour le confirmer, raconte Aujourd'hui en France. Il faut dire qu'un documentaire sur une chaine américaine laissait planer le doute sur la nature d'un corps découvert et parlait aussi d'un son étrange enregistré sous l'eau. Des milliers de lettres de téléspectateurs étaient parvenues à l'administration américaine. Cette dernière a l'habitude de démentir les rumeurs. « Il y a un mois, les centres fédéraux de contrôle de prévention des maladies avaient déjà du nier l'existence de zombies ». Et on se souvient aussi qu'en janvier, la Maison Blanche avait dû démentir l'«information» selon laquelle le président Barack Obama s'était téléporté sur Mars dans sa jeunesse...

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