Revue de presse française

A la Une de la presse française : la guerre des syndicats en Afrique du Sud

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Carnage sur le carreau de la mine de platine de Marikana, proche de Pretoria. Des mineurs en grève réclamant de très fortes augmentations qui occupent le site. La police qui intervient pour les déloger et qui tire à balles réelles. Au moins 34 morts et 80 blessés.

Le journal Le Monde évoque un « jeudi noir » et fait le récit de ce qui est devenu « l’un des jours les plus sombres de l’histoire de l’Afrique du Sud post-apartheid ». Derrière ce « bain de sang », se cache une lutte syndicale, explique le quotidien du soir. Il est possible qu’elle soit « instrumentalisée » par des factions de l’ANC, le Congrès national africain, le parti au pouvoir, complète Le Monde. Factions qui seraient « opposées à la réélection de Jacob Zuma ».

Le Figaro est plus catégorique, évoquant carrément une « guerre des syndicats » en Afrique du Sud..

« Seule certitude, complète Libération, la violence est devenue un des seuls moyens de se faire entendre pour les déshérités du système social sud-africain ». Et l’appel au dialogue lancé par le président Jacob Zuma « ne suffira sans doute pas à calmer la fureur des laissés-pour-compte de l’essor économique du pays », prédit le quotidien.

Syrie : coup de gueule de Fabius

Alors qu’il achevait sa tourné consacrée à la crise syrienne par une nouvelle visite dans un camp de réfugiés à la frontière turque, le ministre français des Affaires étrangères a haussé le ton contre le régime de Bachar al-Assad. « Je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : Monsieur Baschar el Assad ne mériterait pas d'être sur la Terre. Le régime syrien doit être abattu, et rapidement», a dit Laurent Fabius !

Ce faisant, le chef de la diplomatie française « a franchi un pas de plus dans la menace verbale contre le président syrien », souligne Le Figaro.

Le ministre des Affaires étrangères a « piqué un coup de sang, estime Le Parisien. Mais au-delà des paroles, quels actes ? La position de la France reste très prudente ».

« Qu'en langage peu diplomatique ces choses-là sont dites! », formule Le Républicain lorrain. Lequel souligne lui aussi le « changement de ton au Quai d'Orsay où, après avoir plaidé en faveur de la voie diplomatique, on semble soudain verser dans le va-t-en-guerre. Du moins en paroles (…) Hausser le ton ne mange pas de pain en ces temps de disette ».

Israël – Iran : guerre des mots

« Contre l’Iran, Israël sur le pied de guerre », relève Libération. Le journal souligne que le gouvernement mobilise l’opinion en vue d’une « attaque préventive », alors que l’armée, elle, « freine ». Libé constate que « plus de 4 millions de masques à gaz ont été mis à disposition du public » en Israël, mais que les Israéliens « regardent d’un œil sceptique le manège des politiciens ».

A l’inverse, Le Figaro estime que cette menace de guerre préventive est « à prendre au sérieux ». La manchette du quotidien l’annonce du reste sur un mode péremptoire : « Israël se prépare à une guerre avec l’Iran ». Selon Le Figaro, en effet, le calendrier « incite à prendre au sérieux la possibilité d'une opération militaire ».

Le calendrier, mais aussi les dernières déclarations du président iranien. A l’occasion de la journée de solidarité avec les Palestiniens organisée en Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a carrément déclaré que la « tumeur cancéreuse » d'Israël va bientôt disparaître, et avec elle « la domination américaine sur le monde ».

De quoi inquiéter L’Eclair des Pyrénées, qui constate que le Moyen-Orient et la zone entière « semblent se rapprocher d'une crise majeure, dont les conséquences seraient redoutables pour la paix du monde. Et ce d'autant plus que le pétrole est là, et que là aussi coexistent des pays nucléaires hostiles ».

Russie : punkettes au camp

Deux ans de camp pour une chanson. Les trois chanteuses russes du groupe Pussy Riot ont été condamnées à Moscou. Deux ans, c'est un de moins que les trois requis par le parquet contre ces jeunes femmes qui avaient osé chanter un rapp anti-Poutine dans la Cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou en février dernier.

Les trois chanteuses sont à la Une de Libération ce matin, derrière ce titre : « Au goulag pour une chanson ». Assises sur le banc des accusés lors de leur procès à Moscou, les jeunes femmes, « l’œil insolent et le sourire effronté (…) continuaient de défier Vladimir Poutine », observe Libé. Pour autant, le tollé est loin d’être général,regrette le journal, qui constate, par exemple que, face à cette condamnation, les artistes français demeurent « aphones ».

« Deux ans de camp pour trois minutes de prière antipouvoir. C'est cher payé, estime Le Midi Libre (…) Le caractère disproportionné de la peine infligée aux punkettes saute aux yeux ».

« Vu la musique, et la chorégraphie de leur chanson, il n'aurait pas été scandaleux de les condamner à quelques jours de solfège et de cours de danse, relativise Le Progrès. Elles auraient pu aussi chanter leur supplique ailleurs, éviter une cathédrale, l'église russe est chatouilleuse, pourquoi pas dans la salle des fêtes du Kremlin pour les cent jours de pouvoir de Poutine? Mais deux ans de camp, tout de même ».

Même réserve musicale de La République des Pyrénées. « Personne au monde ne saurait prétendre que les trois punkettes moscovites (…) font de la bonne musique. On ne saurait non plus en faire des exemples du bon goût, concède le quotidien régional (...) Mais la société russe finira par évoluer, à la suite de ses avant-gardistes. Dont font partie les Pussy Riot ».
 

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