Revue de presse française

A la Une de la presse française: la chute de Lance Armstrong

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Convaincu de dopage par l’agence américaine en charge de ce fléau, le cycliste texan jette l’éponge. En renonçant à ferrailler avec cet organisme public qui, preuves à l’appui, le poussait dans ses derniers et vains retranchements, Lance Armstrong se voit désormais mis au banc du cyclisme et va probablement perdre tous les titres qu’il a raflé durant sa carrière, à commencer par ses victoire dans le Tour de France. Un vrai coup dur pour l’épreuve reine du calendrier mondial de la petite reine.

Justement. On se demandait comment le journal L’Equipe allait s’en sortir pour évoquer la chute de ce géant du vélo. Le quotidien sportif et la société organisatrice du Tour de France appartiennent en effet au même groupe. Y allait-il avoir un conflit d’intérêt préjudiciable au devoir d’information ?

La réponse s’étale ce matin en Une du quotidien sportif français. Lance Armstrong y apparait de dos sur son vélo à côté de ce simple gros titre : « la fin ». Mais c’est un maillot rouge et non le maillot jaune, emblème du Tour de France, que le texan arbore sur cette photo. Choix des mots, choix des images.

Bon.. C’est entendu, L’Equipe veut préserver SON Tour de France. C’est bien le moins. Mais le devoir d’informer prime. Et, d’esprit sportif, sur ce plan, le quotidien du même tonneau ne mégote pas. L’Equipe rappelle qu’Armstrong est un « rescapé du cancer », qu’il a « régné sept ans » sur le Tour. « Sans partage ». Mais qu’il y a régné « sans âme non plus ». Lance Armstrong ? « Juste une machine », regrette le journal.

Mais comme il s’agit de sauver le Tour de France en particulier et le cyclisme en général, L’Equipe souhaite que cet épilogue soit l’occasion de tourner une « page blanche pour sauver le maillot jaune ». Autrement dit que les sept Tours d’Armstrong « ne soient pas réattribués ».

Lance Armstrong : omerta cycliste

Page blanche ? Pas sûr que le cyclisme et le Tour de France s’en tirent à si bon compte après un tel scandale. Pour le journal Le Monde, la chute de Lance Armstrong est « une nouvelle démonstration, plus implacable encore que les précédentes, que ce sport est empoisonné par le dopage. Il n'est pas le seul, on le sait, concède le quotidien du soir. Mais il l'est, à l'évidence, plus lourdement que d'autres, tant les efforts qu'il réclame des coureurs et les investissements qu'il mobilise chez les sponsors sont grands »

Les efforts des coureurs ? Dans Libération ce matin, un sociologue spécialiste de l’éthique explique. « La morale des champions cyclistes n’est pas la même que celle des gens extérieurs à leur milieu, dit-il. Prendre des produits fait partie de leur quotidien (…) Pour eux, Armstrong ne s’est pas dopé, il s’est trop dopé » !

De ce choquant paradoxe, de cette incompréhension entre le monde du dehors et celui du dedans, Libération entend ce matin souligner la leçon principale. « Ce jour de la chute d'Armstrong restera dans l'histoire du sport comme l'une des grandes victoires de la puissance publique contre le dopage, souligne Libé. Mais cette histoire-là s'écrit jusqu'ici sans les sportifs. Qui osera briser le mur du silence ? ».

Certainement pas Bernard Hinault. Quintuple vainqueur du Tour de France, le coureur français le dit sans ambages ce matin au journal Le Parisien, également propriété du groupe propriétaire de l’épreuve : la chute d’Armstrong, « je m’en fous éperdument. C’est son problème, pas le mien ». Certainement pas Thomas Voeckler, meilleur grimpeur du Tour 2012, qui déclare également dans Le Parisien : « Ca ne me fait ni chaud ni froid. (…) Je préfère regarder l’avenir que le passé ». La chute d’Armstrong ? Après de telles déclarations, on est tenté de se demander ce matin, à propos du dopage dans le cyclisme : à qui le.. tour ?

Jean-Luc Delarue : requiem pour un linceul

La chute pour lance Armstrong, la fin pour Jean-Luc Delarue, qui s’est éteint avant-hier à l’âge de 48 ans. Connu des Français, vedette du petit écran, l’animateur-producteur a succombé à un cancer. Et son visage apparait ce matin en Une de Libération, du Parisien comme du Figaro. « Il a marqué l’univers de la télévision », souligne Le Parisien qui salue ce « surdoué » de la télé. Le Figaro rend hommage à cet « enfant terrible » de la télévision.

Libération lui consacre une double-page, mais ses commentaires sont plus distanciés. Le quotidien rappelle que Jean-Luc Delarue avait déserté le petit écran « depuis belle lurette ». Libé se souvient de la carrière de Jean-Luc Delarue, « l’enfant gâté, le gendre idéal, l’homme à l’oreillette, le mannequin glacé avec un teint de soleil (…) l’animateur producteur riche à en crever (…) le toxico, le malade ».

Et Libération de conclure par un requiem bien amer : « L’histoire de Jean-Luc Delarue n’aurait même pas fait le sel de l’une de ses émissions, un peu trop triste, un peu trop noire pour la télévision ». De profundis...

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