Revue de presse française

A la Une: un Premier ministre chez les patrons

Audio 04:56

Publicité

 

Un chef de gouvernement qui se rend au congrès du Medef, le patronat, ça ne s’était jamais vu, relèvent les journaux ce jeudi… Qui plus est un Premier ministre socialiste. Alors, « pourquoi un tel zèle ? », s’interroge Le Télégramme. Et bien, répond-il, « parce qu’il est temps d’enterrer la brouille héritée de la grande conférence sociale de juillet et de retrouver un chemin de cohabitation, sinon cordiale, au moins pragmatique, avec les entreprises, après certaines des outrances post-électorales de quelques éminences socialistes. »
Et le quotidien breton de préciser que « l’anathème d’Arnaud Montebourg, dédié au PDG de PSA et la famille Peugeot, a laissé des traces, sans parler, on s’en doute, du projet de taxe à 75 % sur les hauts revenus. »
L’intervention, devant les patrons, de Jean-Marc Ayrault a-t-elle porté ses fruits ? Eh bien, d’après l’ensemble des journaux, pas vraiment… « Le Premier ministre a tenté hier de rassurer les patrons réunis à l’occasion de leur université d’été. En vain », relève Libération. « Ceux qui étaient venus avec l’espoir d’annonces concrètes - sur la hausse de la CSG, l’intégration, ou non, des biens professionnels dans l’assiette de l’ISF, la déductibilité des intérêts d’emprunt lors de l’acquisition d’une entreprise - en sont pour leurs frais, mais, tempère Libération, le Premier ministre les rassure un tout petit peu en jurant que les arbitrages budgétaires sur le projet de loi de finances 2013 « ne sont pas faits ». »

Rendez-vous manqué ?

Bref, pas de quoi fouetter un chat… Le Figaro parle de « rendez-vous manqué. Qu’a dit le Premier ministre ? Qu’il faisait confiance aux chefs d’entreprise – c’est bien le moins - et qu’il était soucieux du dialogue social - mais on le savait déjà. Pour le reste ? Bien peu de choses, déplore Le Figaro. Rien, en tout cas, ni sur le coût du travail, ni sur la flexibilité, ni sur la fiscalité, qui puisse rassurer des hommes et des femmes qui éprouvent l’impression pénible que le pouvoir les accable d’impôts et de procès d’intention. »
L’Humanité est tout aussi critique, mais pas pour les mêmes raisons… « Jean-Marc Ayrault minimise l’événement, mais un Premier ministre de gauche qui ouvre l’université d’été du Medef, c’est une première. S’afficher avec le patronat dans une rentrée marquée par une hémorragie de licenciements ne passe pas inaperçu », relève le quotidien communiste qui note également que « le message « de confiance » adressé par le Premier ministre aux patrons est (…) assez loin de la thématique de campagne si chère à François Hollande : « Mon adversaire, c’est la finance ». »
« Il est vrai, reconnait La République du Centre, qu’en ayant ouvert, hier, l’université d’été du Medef, Jean-Marc Ayrault a déconcerté les tenants de la lutte des classes. » En fait, synthétise le journal, « Jean-Marc Ayrault est venu dire aux patrons que le gouvernement n’était pas leur ennemi. Il a même rendu hommage à la « France qui entreprend ». (…) Sans pour autant aborder les sujets sensibles et concrets. Le gouvernement en est encore à se mouvoir difficilement dans ses contradictions : complaire à ses clientèles électorales sans démobiliser les entrepreneurs qui lui sont nécessaires. Car beaucoup d’emplois resteront sans avenir si l’on ne consolide pas l’avenir des entreprises. »
Le Journal de la Haute-Marne est sur la même ligne : « le gouvernement se rend bien compte maintenant que dans l’énorme chantier de la reconquête économique, il ne peut pas faire l’impasse sur les chefs d’entreprise. L’exercice du pouvoir doit se fonder sur le réalisme, et non pas sur les présupposés ou les préjugés. La très grande majorité des patrons est loin de surfer sur les marges des sociétés du CAC 40, relève le quotidien champenois. Et quand ils mettent en avant l’affaissement constant de la compétitivité, ils pointent un danger qui ne menace pas seulement la rémunération des actionnaires. Le recul de la France sur ses marchés extérieurs se paie aussi en centaines de milliers d’emplois et en perte de pouvoir d’achat. »

Refonder l’école…

A la Une également : la réforme de l’école… « Hollande materne l’école » : c’est le grand titre de Libération qui constate que « le ministre Vincent Peillon a lancé hier la « refondation » de l’Education nationale. Un point fort du programme de François Hollande, dont la popularité est en baisse », relève le journal.
Alors, pas de bouleversements pour le moment. Comme le remarque Libération, « la rentrée 2012 a en effet été préparée par le gouvernement sortant, et la nouvelle équipe, arrivée en mai, ne pouvait guère la modifier qu’à la marge. Elle reste donc marquée par 13.000 suppressions de postes dans le primaire et le secondaire - portant à près de 80.000 les coupes depuis 2007. » En fait, relève Libération, « le changement le plus spectaculaire concerne l’atmosphère. Les promesses de François Hollande de faire de la jeunesse une grande priorité, avec l’engagement de créer 60.000 postes dans l’Education durant son quinquennat, ont suscité des espoirs dans le monde éducatif. (…) L’attente est palpable, souvent teintée de réalisme. Et les premiers gestes du nouveau pouvoir ont rassuré sur le fait que les promesses seront bien tenues. »
En tout cas, au-delà des postes en plus, « il y a urgence à faire évoluer le système », s’exclame Le Parisien. En effet, constate le journal, « jusqu’ici, aucune réforme, pas plus que les budgets de plus de soixante milliards par an consacrés à l’éducation, n’a enrayé la crise de réussite qui secoue l’école. Un quart des collégiens lisent mal, 150.000 finissent hors système et sans diplôme même si 80% d’une classe d’âge arrivent jusqu’au bac. »

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail