Chronique des matières premières

Quelques banques stoppent la spéculation sur les denrées alimentaires

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La Bourse de Francfort, le 31 août 2012.
La Bourse de Francfort, le 31 août 2012. REUTERS/Lizza May David

La spéculation sur les prix des denrées alimentaires est de plus en plus mal vue par l'opinion. C'est pourquoi certaines banques essaient de se refaire une vertu en prenant des distances avec les produits dérivés des cours des matières premières agricoles.

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Une nouvelle flambée des prix alimentaires se profile, suite à l'envolée des cours des céréales depuis le mois de juin (+ 30 à 40% pour le blé et le maïs, + 25% pour le soja). La spéculation financière est à nouveau accusée de souffler sur les braises et d'accentuer cette inflation. Alors les banques, déjà très décriées par l'opinion pour leur responsabilité dans la crise financière mondiale, essaient de se refaire une virginité. Depuis le printemps et tout l'été, une demi-douzaine de banques, surtout nordiques et germaniques, il faut bien le constater, ont annoncé qu'elles prenaient des distances avec la spéculation sur les matières premières agricoles.

Une spéculation qui prend de multiples formes aujourd'hui, qu'il s'agisse d'indices comportant un pourcentage de soja, de maïs et de blé aux côtés - ou non - du pétrole, du cuivre et de l'or. Ou alors qu'il s'agisse de « trackers », les ETC ou les ETF, qui permettent aux investisseurs d'avoir dans leur portefeuille une tonne de soja aussi facilement que les actions d'une entreprise.

C'est la Deutsche Bank, numéro un en Allemagne, qui a donné le signal. En mars dernier elle annonçait qu'elle ne lancerait plus de nouveau produit dérivé des matières premières agricoles tant qu'elle n'aurait pas les résultats d'un rapport sur le sujet. Dans la foulée, deux autres banques allemandes, Deka Bank et Landesbank, une banque scandinave, Nordea, puis une banque autrichienne, Volksbanken, renonçaient à ces produits. La Commerzbank, deuxième banque allemande, pour ne pas être en reste, a supprimé les produits agricoles d'un de ses plus petits fonds d'investissements.

Car il faut regarder les choses en face : ces efforts de vertus ont pour l'instant plus l'allure d'un cache-sexe. La Deutsche Bank, qui a impulsé le mouvement, conserve encore un milliard de dollars d'actifs adossés aux matières premières alimentaires. Au total, les investissements dans les produits dérivés agricoles, même s'ils ont diminué de moitié pendant la période de reflux des prix l'an dernier, représentent toujours près de trois milliards de dollars.

 

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