Chronique des matières premières

Le prix historique du soja ne dissuade pas les pays importateurs

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Des plants de soja frappés par la sécheresse près de Princeton, Indiana, le 18 Juillet 2012.
Des plants de soja frappés par la sécheresse près de Princeton, Indiana, le 18 Juillet 2012. REUTERS/John Sommers II

A cause de la sécheresse, les Etats-Unis vont probablement perdre leur rang de premier producteur mondial de soja en 2012-2013. L'offre mondiale de soja va se rétrécir : les pays importateurs, en premier lieu en Asie, se précipitent pour couvrir leurs besoins, malgré les prix record.

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Les pluies de l'ouragan Isaac sont arrivées trop tard aux Etats-Unis pour tirer le soja d'affaire. Après la pire sécheresse en 56 ans, les gousses de l'oléagineux sont formées, la récolte a même commencé dans certains Etats et elle risque d'être inférieure de dix millions de tonnes à celle de l'an dernier. Les Etats-Unis, habituellement premier producteur de soja de la planète, pourraient être pour la première fois de l'histoire détrônés par le Brésil, qui lui se prépare à une récolte surabondante - grâce au départ de la Niña et au retour annoncé du Niño, porteur de pluies ; grâce aussi à l'investissement record des agriculteurs brésiliens en semences de soja, en engrais et en pesticides.

Cependant, avant que la nouvelle récolte brésilienne ne sorte de terre, en mars prochain, le commerce mondial du soja devra se contenter de peu : peu de stocks en provenance d'Amérique du Sud et peu de nouvelles récoltes d'Amérique du Nord ; c'est ce qui a déjà fait grimper les prix du soja à un record historique, proche des 18 dollars le boisseau - trois dollars de plus qu'en 2008 ! Une hausse qui a toutes les chances de se poursuivre, car les pays importateurs ne semblent pas vouloir freiner leurs achats. Au contraire, ils couvrent en quatrième vitesse leurs besoins en achetant des centaines de millions de tonnes de soja américain. En Chine (65% des importations de soja américain désormais), à Taïwan, mais aussi au Vietnam, un pays qui émerge parmi les gros importateurs de soja. Ses achats ont progressé de 50% l'an dernier.

Même si le prix élevé du soja ne dissuade pas encore les importateurs, Pékin veille tout de même au grain en se réservant la possibilité de libérer une partie de ses stocks stratégiques de soja, pour enrayer une éventuelle envolée des prix du porc, la nourriture de base des Chinois. Quant à l'Algérie qui importe la presque totalité du soja et du maïs destinés à ses élevages de volaille, elle vient de décider de lever les taxes douanières pour alléger la facture des importateurs.

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