Revue de presse française

A la Une : les islamistes font entendre leur voix… à Paris !

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Stupeur et indignation pour bon nombre de commentateurs ce matin après la manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de musulmans samedi à Paris devant l’Elysée et devant l’Ambassade des Etats-Unis.

Manifestation de protestations contre le film anti-islam qui a déclenché la colère dans le monde musulman depuis ces derniers jours. « Cette fois, ce n’est plus là-bas que ça se passe, c’est chez nous, s’exclame Le Républicain Lorrain. La France se croyait-elle à l’abri d’un tel déchaînement de haine ? Ne nous y trompons pas, pour l’islam radical l’ennemi n’a pas seulement le visage de l’Amérique.

C’est tout l’Occident. Parce qu’il est porteur de valeurs universelles et d’une modernité incompatibles avec les vieilles lunes du fondamentalisme. Les violentes manifestations de samedi à Paris ont constitué un choc pour l’opinion française, relève encore Le Républicain Lorrain. Mais également, semble-t-il, pour les responsables musulmans de France dépassés par les événements. »

« La manifestation des islamistes devant l’ambassade des Etats-Unis à Paris est grave, renchérit Le Journal de la Haute-Marne, parce que la capitale d’un grand Etat laïc se voit voler une partie de son espace public pour une démonstration de force religieuse. Inquiétante aussi parce qu’elle constitue un symptôme de plus de ce fascisme intégriste qui s’infiltre dans les failles de notre système. »

Plus largement, estime La Charente Libre, « tous les dirigeants occidentaux s’alarment chaque jour davantage des conséquences sociétales planétaires de la légitimation de l’islamisme radical sanctionnée par les urnes dans la foulée des révolutions arabes. C’est pourquoi la vigilance doit être absolue », notamment « dans tous les lieux du 'vivre ensemble' face aux surenchères des fondamentalistes de tous bords. »

Pour sa part, La Croix renvoie les extrémistes religieux dos à dos : « cette escalade fabriquée de toutes pièces par moins d’une centaine d’excités dans chacun des deux camps illustre la spirale des stratégies extrémistes. Devant leur diktat de la confrontation, la première des règles est d’éviter les amalgames. La seconde est d’éviter l’emballement. Les extrémismes ne s’apaisent jamais. Ils ne peuvent qu’être dissous dans des alliances positives contre l’intolérance, contre la tentation de la domination par la religion. »

Fillon ou Copé ?

A la Une également : les primaires à droite… C’est demain soir que les candidats à la présidence de l’UMP devront avoir déposé leurs parrainages d’adhérents. Il en faut presque 8.000 pour avoir le droit de briguer le fauteuil de chef de l’opposition. Pour Libération, pas de mystères : « la compétition vire au duel entre François Fillon et Jean-François Copé. »

En tout cas, estime le journal, « même balbutiante, cette tentative baroque d’élection interne est une première dans l’histoire d’une droite jusqu’ici tout entière vouée au culte du chef. Les militants auront le dernier mot et c’est en soi une petite révolution dans un parti où le chef s’est toujours imposé sans que nul n’ait pu en disposer. »

En fait, relève Le Courrier Picard, « la bataille aux couteaux que se livrent Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l’UMP ressemble à une primaire pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle de 2017. Conquérir l’UMP reviendra en effet à acquérir une forte légitimité ainsi qu’à disposer d’un appareil puissant. »

Pour L’Est Républicain, ces primaires à droites « s’annoncent régénérantes. En face, constate-t-il, la dynamique de celles du PS a disparu des écrans radars avec la victoire de mai. Harlem Désir a été adoubé. Il a beau faire semblant d’attendre le vote des militants, la magie n’opère plus. L’apparatchik, petite main de SOS Racisme, puis de Génération Écologie et enfin du PS, qui a grandi au cœur de l’appareil de Solferino, s’apprête sans barguigner, à incarner ce verrouillage magistral. »

Européens les Français ?

« Les Français et l’Europe : le désamour » : constat à la Une du Figaro. Le Figaro qui publie un sondage sur les Français et l’Europe. Et en effet, relève le journal, « vingt ans après Maastricht, les Français doutent toujours plus de l’Europe. » Le Figaro qui pointe trois chiffres chocs : « 64% des Français voteraient non aujourd’hui au référendum sur la ratification du traité de Maastricht. 76% estiment que l’Union européenne n’agit pas de façon efficace pour limiter les effets de la crise économique. Et 65% des Français ne souhaitent pas néanmoins que la France abandonne l’euro et revienne au franc. »

De drôles d’agences…

Enfin ce « rapport choc sur les gaspillages de l’Etat » : un rapport de l’inspection générale des finances que publie Le Parisien. Un rapport qui montre du doigt les quelque 1.244 agences de l’Etat qui coûtent chaque année une cinquantaine de milliards d’euros, et dont « les compétences sont parfois flous et les missions mal définies », affirme le journal.

Exemple, si on trouve parmi ces agences, Pôle Emploi ou encore Météo France, dont l’utilité n’est pas à démontrer, il y a aussi le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale, ou encore l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur… Des organismes inutiles ou qui doublonnent avec d’autres, dénonce le rapport de l’Inspection générale des Finances qui « propose de faire le ménage, sans plus attendre. »

Commentaire du Parisien : « Reste à savoir si les pouvoirs publics oseront s’attaquer à ce mal français qu’est la prolifération administrative. Commandée en août 2011 par Matignon, l’enquête de l’IGF a été achevée en mars 2012, mais Fillon avait renoncé à la rendre publique à quelques semaines de la présidentielle. Le rapport aurait pu tomber aux oubliettes. En quête de 10 Mds€ d’économies, le gouvernement Ayrault devrait, au contraire, estime Le Parisien, s’appuyer dessus pour préparer son budget. »

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