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Revue de presse Afrique

A la Une : la Côte d’Ivoire, 10 ans après…

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C’était il y a tout juste 10 ans. Le 19 septembre 2002, nous rappelle le quotidien ivoirien Le Démocrate, les rebelles du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), tentaient de prendre le pouvoir à Abidjan, alors que le président Laurent Gbagbo était en visite officielle en Italie. « La motivation principale des rebelles était simple : briser une fois pour toutes le cercle infernal dans lequel se trouvaient enfermées les populations issues du nord du pays ».

Pour Le Démocrate, Laurent Gbagbo a finalement récolté ce qu’il a semé. « Mal élu, affirme-t-il, Laurent Gbagbo aurait pu profiter de son mandat pour réconcilier les Ivoiriens en pratiquant une franche politique d’ouverture et en associant réellement les frères ennemis du passé à la gestion du pays. Malheureusement, l’ancien patron du FPI (Front populaire ivoirien), s’est acharné dès les premiers mois de son régime à enraciner définitivement l’exclusion d'Alassane Ouattara de la vie politique ivoirienne et à réduire à la portion congrue l’électorat potentiel de l’ancien Premier ministre. C’est dans cette atmosphère délétère qu’éclate donc en septembre 2002, une tentative de renversement du régime de Laurent Gbagbo, qui se mue très vite en rébellion armée, avec partition du pays en deux zones ».

10 ans après, donc, beaucoup de questions subsistent à propos de ce coup de force, questions posées notamment par L’Intelligent, autre quotidien ivoirien : « Comment a été montée l’attaque du 19 septembre 2002 ? Qui a financé la rébellion ? Comment le syndicaliste Guillaume Soro s’est retrouvé subitement à la tête du secrétariat général des Forces nouvelles ? D’où l’argent est-il venu ? 10 ans après, constate L’Intelligent, l’énigme reste totale et personne n’a pu donner de réponses à toutes ces interrogations. Cependant, le moins que l’on puisse dire sans se tromper, c’est que les ravitaillements en armes et en carburant n’ont jamais fait défaut jusqu’à la fin de cette rébellion avec l’élection présidentielle de 2010. Selon nos sources, des instructeurs militaires venus de l’étranger ont encadré Guillaume Soro et ses hommes. Ce qui a donné une branche armée et une branche politique qui ont organisé la vie dans les territoires sous son contrôle et collecté les taxes et impôts ».

Adversaires et partenaires…

« Il était une fois le 19 septembre » : le quotidien burkinabé L’Observateur revient également sur cette date fatidique. « Un putsch avorté qui a dégénéré en guerre civile. Une situation qui, selon toute vraisemblance, aurait eu pour origine le concept de « l’ivoirité » mis en musique par Henri Konan Bédié et qui aurait été exacerbé sous Gueï et Laurent Gbagbo. Chose qui a contribué à créer une scission de fait, estime L’Observateur, entre les Ivoiriens de souche et ceux dits « étrangers ». Des tentatives de négociation de paix et l’intervention des Casques bleus ont permis une cessation des hostilités peu de temps après. Toutefois, les conflits persisteront et il faudra attendre, relève le quotidien burkinabé, la signature de l’Accord politique de Ouagadougou du 4 mars 2007 entre le camp présidentiel et les Forces nouvelles avant que le processus de paix aboutisse, soit cinq années après le déclenchement des hostilités ».

L’Observateur qui rappelle aussi que « Guillaume Soro participera à un gouvernement de réconciliation dirigé par Laurent Gbagbo après la signature de l’Accord de Marcoussis. Il était ministre de la Communication. Suite à l’Accord de Ouagadougou, l’ennemi d’hier sera ensuite bombardé Premier ministre par le président Gbagbo. Ce qui scelle de nouvelles retrouvailles entre les deux hommes. Quatre années de cordiale collaboration jusqu’au second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010 avec la victoire d’Alassane Ouattara (54%) contre (46%) pour Gbagbo. Et c’est là que, de nouveau, les chemins de Soro et Gbagbo se séparent, constate L’Observateur. Pour de bon, cette fois, croit-on savoir. Ironie du sort, celui qui avait été « démocratiquement élu » il y a douze ans, cogite sur son sort à la CPI alors que l’ex-rebelle, lui, a désormais tous les attributs de la légalité et de la respectabilité internationale ».

Charles Blé Goudé vs Sidiki Konaté !

Et puis certains des protagonistes de la crise ivoirienne s’expriment dans la presse à l’occasion de ces 10 ans… Charles Blé Goudé, tout d’abord, l’ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, farouche partisan de Laurent Gbagbo, a accordé une longue interview au site d’information Slate Afrique, depuis son exil quelque part en Afrique de l’Ouest.

Pour lui, la lutte continue contre le président Ouattara : « c’est la première fois, dit-il, que l’Ivoirien assiste à la suprématie d’une seule ethnie sur les autres dans tous les secteurs de l’Etat. Je trouve cela dangereux et inquiétant pour mon pays. Car si Alassane Ouattara a reproché à Henri Konan Bédié le concept de l’ivoirité, et que cela a valu une guerre à la Côte d’Ivoire, on peut, aujourd’hui, estime Charles Blé Goudé, lui reprocher la « nordisation » de tous les secteurs de l’Etat. Et je crains fort, poursuit l’ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’étincelle s’allume à tout moment. C’est pourquoi je conseille au régime actuel de descendre de son piédestal, de regarder dans le rétroviseur et de revoir sa copie, sans passion, sans émotion. Le régime Ouattara se rend-il compte qu’il est en train de faire pire que ce qu’il prétend avoir combattu ? »

Enfin, le point de vue différent d’un autre protagoniste de la crise ivoirienne, Sidiki Konaté, ancien porte-parole de la rébellion, recueilli par le quotidien ivoirien Nord-Sud : « on a un président de la République qui n’est pas revanchard, affirme-t-il. Il est la somme de toutes les frustrations subies par les Ivoiriens, il est le creuset de toutes les humiliations qu’une partie de la population a subies. A la tête du pays, il n’a pas créé un système de revanche. Bien au contraire, il a mis en place, une commission pour conduire un processus de réconciliation ».

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