Chronique des matières premières

Les prix de l'huile de palme au plus bas depuis près de trois ans

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Une plantation de palmiers à huile de Serdang Bedagai, dans le nord de la province de Sumatra, en Indonésie.
Une plantation de palmiers à huile de Serdang Bedagai, dans le nord de la province de Sumatra, en Indonésie. AFP

La demande en huile de palme, l'huile la plus consommée au monde, ralentit. Alors les stocks dans les pays producteurs et les pays importateurs sont inhabituellement pleins, d'où la faiblesse des cours, très marquée cet automne.

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C'est comme un effet boomerang. En août, tout le monde s'est rué sur l'huile de palme, par peur de manquer d'une autre huile, celle de soja, puisque la sécheresse malmenait la récolte aux Etats-Unis. Mais depuis le mois de septembre, les stocks des pays importateurs sont pleins. Et ils ne se vident guère. La consommation d'huile végétale progresse moins vite que prévu depuis quelques mois en Inde et en Chine, dont l'économie ralentit ; et pendant ce temps, la demande d'huile, dont l'huile de palme, pour les biocarburants en Europe, faiblit.

Il ne manquait plus qu'une information rassurante sur le soja américain, dont la récolte progresse plus vite que prévu, augurant d'une production oléagineuse plus généreuse qu'on ne l'imaginait. Toutes ces données combinées ont fait chuter les cours de l'huile de palme de 30% en un mois ! On est passé sous les 800 dollars la tonne, alors qu'on était encore à plus de 1000 dollars la tonne au printemps.

Ce mouvement des prix à la baisse, comme un cercle vicieux, s'autoalimente, les acheteurs attendant une baisse supplémentaire pour procéder à de nouveaux achats, d'autant qu'ils sont sûrs cette fois de ne pas manquer d'huile de palme : on entre dans la saison principale de récolte en Indonésie et en Malaisie, les deux principaux pays exportateurs.

La Malaisie, pour faciliter l'écoulement de sa production, vient de revoir à la baisse sa taxe à l'export sur l'huile de palme non raffinée. Une bonne commercialisation de l'huile de palme est en effet cruciale cette année, alors que le pays se prépare à des élections législatives au printemps et que l'électorat rural est déterminant. En attendant, les actions des grosses sociétés d'huile de palme dévissent, que ce soit Wilmar, Golden Agri, ou Felda qui vient, manque de chance, d'entrer en bourse. Les cours de l'huile de palme, eux, pourraient continuer leur glissade jusqu'à la fin de l'année, où l'on espère le retour aux achats de la Chine, en prévision du Nouvel An lunaire. 

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