Revue de presse française

A la Une : flexibilité et compétitivité…

Audio 05:00

Publicité

Coup d’envoi ce jeudi de la fameuse négociation sur la sécurisation de l’emploi, négociation décidée lors de la conférence sociale de juillet dernier. Ce face à face très attendu entre syndicats et patronat intervient dans un contexte tendu.

« Syndicat et patronat au boulot », s’exclame Libération. « Trois mois de négos qui changeront peut-être, dans un sens ou dans un autre, le mandat de François Hollande », affirme le journal. Toutefois, reconnait Libération, il sera « difficile, au vu des sujets abordés, d’imaginer que la centrale de Bernard Thibault (la CGT) paraphera le même document que Laurence Parisot (la chef du MEDEF). En effet, en dehors de thèmes assez consensuels comme le chômage partiel, voire même la formation professionnelle, les autres sujets au menu divisent depuis des années syndicats et organisations patronales. »

Parmi ces sujets : la flexibilité. C’est-à-dire, précise Libération, « généraliser la possibilité, au niveau de l’entreprise, de signer des accords actant des sacrifices en terme de salaire ou de temps de travail de la part des salariés, en échange d’un maintien des emplois par l’employeur. Un dispositif auquel tient le patronat, mais qui fait hurler la CGT. »

« Flexibilité : 30 ans de désastre », affirme L’Humanité en Une. L’Humanité qui, à l’instar de la CGT, conteste cette option. « Depuis 30 ans, estime le quotidien communiste, aucune des nombreuses étapes de précarisation du travail (CDD, intérim, temps partiel, etc…) ne s’est traduite par une baisse significative du chômage. (…) Si la notion de flexibilité est mal perçue en France, poursuit L’Humanité, c’est qu’elle correspond toujours à une mise en insécurité du salarié. »

Matraquage fiscal ?

Autre sujet important en marge de cette négociation sur l’emploi : la compétitivité des entreprises… Là aussi, le débat fait rage depuis ces derniers jours. Avec une fronde de certains entrepreneurs, créateurs de start-up, patrons de PME, dirigeants d’entreprise et investisseurs, qui dénoncent un matraquage fiscal de la part du gouvernement.

Un coup de gueule amplifié ce matin par Le Figaro : « la colère fiscale monte », titre le journal qui fustige la politique fiscale du gouvernement qualifiée de « massive » et même de « confiscatoire ». Pour Le Figaro, « cette affaire de taxation du capital illustre jusqu’à la caricature une politique économique absurde, qui entrave la France qui innove, qui crée, qui investit. En un mot, qui prépare l’avenir. (…) Mieux vaudrait stimuler les entrepreneurs et non les décourager. Eux et eux seuls créeront de la croissance, des emplois et du pouvoir d’achat. »

Une antienne reprise par Les Echos : « en voulant imposer à plus de 60% les plus-values de cession, la gauche s’apprête à faire (après les 35 heures) un nouveau contresens économique. (…) Cette surtaxation n’est pas juste un impôt de trop, mais le bouquet final d’un feu d’artifice de mesures fiscales décourageant l’envie d’entreprendre. »

Alors apparemment, le gouvernement a décidé de réagir… C’est le quotidien Le Monde qui l’annonce en Une : « Entreprises : vers une baisse des charges » Le Monde qui parle de « 30 à 50 milliards d’allégements sur les salaires allant de 2300 à 3200 euros, sur cinq ans. (…) Le financement par la CSG ou par la fiscalité écologique n’est pas encore arbitré. » En tout cas, « cette mesure, estime Le Monde, veut favoriser les entreprises exposées à la concurrence internationale. »

On revient à Libération qui constate que « la compétitivité s’ouvre à gauche. (…) La fronde du patronat, et notamment des entrepreneurs contre la politique fiscale du gouvernement, a probablement incité l’exécutif à donner très vite un signal aux entreprises », relève le journal.

Le levier sensible de la CSG

Reste qu’une éventuelle hausse de la CSG, sans doute de plusieurs dizaines de milliards d’euros, ne serait pas très populaire… C’est ce que relève Le Parisien. « Difficile en effet d’annoncer une nouvelle ponction des Français, estime le journal, alors que le projet de loi de finances 2013 prévoit déjà 10 Mds€ de hausses d’impôts concernant les ménages. +La CSG, ça vise plus les smicards que les millionnaires+, reconnaît-on dans l’entourage de Hollande. Politiquement, le président déjà mal en point dans les sondages marche sur des œufs. Plusieurs de ses ministres sont déjà montés au front pour dire non à une hausse de la CSG qui ressemblerait furieusement à la TVA sociale de Nicolas Sarkozy. »

En tout cas, quel que soit le mode de financement choisi, « aujourd’hui, la compétitivité n’est plus taboue publiquement, constate pour sa part Le Midi Libre. François Hollande l’a même évoquée à quelques reprises. Il semble qu’on passe à la vitesse supérieure sous l’effet de la crise et d’une croissance en berne. Faire des économies, c’est bien. Mais relancer la machine économique en favorisant l’action des entreprises, c’est encore mieux. »

« Nécessité fait loi, renchérit Le Journal de la Haute-Marne : la croissance ne pouvant se décréter, il revient aux entreprises de la créer grâce à une plus grande compétitivité. La gauche de gouvernement ne peut plus se dérober à cette évidence. (…) Le gouvernement joue gros : il lui faut absolument retourner une tendance qui voit la France perdre ses parts de marché dans l’économie mondiale. Il y va de la survie de notre industrie. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail