Revue de presse française

A la Une : l’islamisme radical en France

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Deux jours après le coup de filet de samedi, la presse en sait un peu plus sur ces 12 jeunes, dont l’un a été abattu lors de son arrestation. « Les islamistes français préparaient des attentats », annonce en Une Le Figaro. « Assez jeunes et issus de milieux modestes, ces Français sont pour la plupart des convertis à l’islam radical jusqu’à l’aveuglement, affirme le journal. Connus pour des histoires de drogue ou de violence, ils semblaient prêts à mener le jihad au cœur de l’Hexagone avant de mourir en martyr. Âgés de 19 à 25 ans, les onze gardés à vue à la sous-direction antiterroriste s’apprêtaient à lancer ce qu’ils appelaient leur “guerre contre la France”. L’un d’eux considérant même l’affaire Merah comme la “bataille de Toulouse”. »

Et Le Figaro de s’attarder sur le cas de Jérémy Félix Louis-Sidney, tué les armes à la main samedi à Strasbourg après avoir vidé le barillet de son 357 Magnum sur les policiers venus l’interpeller : « né en 1979 à Melun, ce petit caïd déjà fiché pour des affaires de droits commun avait écopé de deux ans de prison en 2008 pour trafic de stupéfiants. Ce converti à l’islam ne s’est pas forcément radicalisé derrière les barreaux, relève Le Figaro, comme l’avait fait le tueur au scooter qui a endeuillé Toulouse et Montauban en mars dernier. Au contraire, Louis-Sidney aurait amorcé sa conversion progressivement, arrêtant l’alcool et allant rencontrer des imams dans des pays du Maghreb. En octobre 2011, il monte une société de vente au détail sur les marchés. (…) Simple couverture pour celui qui apparaît comme le pivot d’un réseau dormant animé par l’antisémitisme. Sa trace ADN a été relevée sur la grenade balancée le 19 septembre dernier à travers la vitrine de l’épicerie cacher de Sarcelles dans le Val d’Oise. La volonté homicide était évidente, note Le Figaro : l’engin explosif, de type artisanal et disposant d’une tête d’allumage yougoslave, avait été bourré de billes de plomb de chasse. »

Par ailleurs, note cette fois Le Parisien, « en plus des 27 000 € en liquide, des munitions et des ordinateurs découverts durant les perquisitions, les enquêteurs ont également acquis la conviction que certains des suspects espéraient gagner des zones de combat. Selon nos informations, poursuit Le Parisien, les éléments recueillis concernent la zone pakistano-afghane, la Syrie, la Somalie, le Yémen, et la région du Sahel en Afrique aux mains d’al-Qaïda. »

« Des Français qui menacent et tuent »

Alors, ce qui est frappant, relèvent tous les commentateurs ce matin, c’est que ce groupuscule était composé majoritairement d’hommes jeunes ayant la nationalité française…

En effet, relève Libération, « la France et les Français ont déjà été victimes d’attentats antisémites mais leurs auteurs venaient d’ailleurs. Ici, ce sont des Français qui menacent et tuent, comme Merah, d’autres Français. “Un antisémitisme né dans nos banlieues”, avait expliqué le ministre de l’Intérieur cet été, qui samedi parlait “de réseaux qui sont dans nos quartiers”. Ce sont des enfants perdus des territoires perdus de la République pour qui le juif est l’ennemi, s’exclame Libération. Et le gouvernement, président en tête, a raison de prendre toute la mesure de ces crimes, estime le journal. Il ne peut y avoir en France aucune excuse, aucune explication, aucune complaisance pour le racisme et l’antisémitisme. La République doit user de toutes ses armes pour combattre et éradiquer ce mal absolu. »

« Le coup de filet effectué ce week-end dans les milieux salafistes permet de l’affirmer sans ambages, renchérit L’Est Républicain. Il existe d’autres Mohamed Merah en France, d’autres enfants de nos villes fraîchement convertis à l’islam radical et rêvant d’en découdre jusqu’au martyr. Des garçons bien souvent lourdement armés, élevés à l’école des rues et des petits trafics. »

Et comme en Angleterre ou en Espagne, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « la menace émane désormais du cœur même de la nation. Cette menace est incarnée par des enfants de la République désocialisés, privés de repères et habités par la haine de l’autre. Happés aussi par la délinquance, nouveau dénominateur commun de ces jihadistes 2.0, avant de basculer dans la croisade meurtrière. Fanatisés et prêts à mourir les armes à la main, mais qui se fondent dans la masse jusqu’au jour où... »

Serrer les rangs !

Alors, face à cette menace, le gouvernement a affiché une grande fermeté. Une fermeté qui est « la bienvenue », estime Sud-Ouest pour qui « l’heure est à l’union nationale. »

« La patrie est bel et bien sous la menace d’attentats. Cela suffit pour faire taire la guérilla politicienne, constate Le Journal de la Haute-Marne. Quand l’ennemi se fait plus pressant, mieux vaut resserrer les rangs de la démocratie, au-delà des clivages traditionnels. On n’a pas entendu de critiques après les déclarations fermes du chef de l’Etat. La preuve qu’il y a bien continuité dans la lutte contre le terrorisme d’une majorité à l’autre. »

Alors, conclut La République du Centre, « félicitons-nous de cet engagement contre le terrorisme et l’antisémitisme, qui nous éloigne des bagatelles sur le “pain au chocolat” de Copé. Souhaitons, aussi, que les musulmans modérés, qui refusent à juste titre l’amalgame, fassent entendre leur voix pour condamner toute dérive radicale. Et rappelons, enfin, que le tragique enlisement du conflit israélo-palestinien contribue à l’exportation des haines jusque dans nos quartiers. La solution n’est pas qu’à Paris. »

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