Revue de presse française

A la Une : « flics et voyous »

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C’est le grand titre de Libération ce matin. Libération qui se penche sur le cas de la Brigade anti-criminalité (BAC) des quartiers nord de Marseille, qui a purement et simplement été dissoute ce week-end par Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur. Et pour cause, pratiquement toute l’unité est suspectée de vols et d’extorsion de fonds : 12 de ses membres ont été mis en examen et 18 suspendus.

Et pour Libération, ce « scandale de la BAC de Marseille peut être une chance. Celle de solder une époque. (…) Durant une décennie, pour les BAC, plus que pour toute autre brigade de police, seul le résultat a compté. C’est cette police sans garde-fou et la “politique du chiffre” des années Sarkozy, relève Libération, que sanctionne définitivement le scandale de Marseille. Il appartient à Manuel Valls de rompre avec ce passé. Le ministre de l’Intérieur doit très vite recréer une autre police, des unités d’action placées sous la tutelle d’une hiérarchie présente et compétente. Le changement passe par un grand ménage au sein de l’institution, bien au-delà du groupe marseillais. (…) Mais rien ne changera vraiment, estime encore Libération, si Manuel Valls ne parvient pas à recréer l’indispensable lien social entre les fonctionnaires et la population. Une police de proximité n’est pas contradictoire avec une police d’intervention rapide. Elle en sera d’autant plus efficace. »

Le Journal de la Haute-Marne estime, pour sa part, que « pour le gouvernement, la mise au jour de cette affaire, dont l’origine remonte bien avant son installation, est l’occasion de montrer son savoir-faire dans le domaine sécuritaire. Une aubaine, affirme le quotidien champenois, au moment où les sondages continuent à lui être défavorables. Et puis, il y a des coïncidences heureuses pour l’exécutif, relève-t-il encore : le démantèlement de la cellule intégriste montre que la police et ses services de renseignement ont parfaitement fonctionné. L’arbre des ripoux marseillais ne saurait cacher la forêt des vrais flics, à savoir des bons professionnels de la loi. »

Les vecteurs de l’islamisme radical

Ce qui nous amène à l’islamisme radical, avec encore beaucoup de questions ce matin dans les journaux à propos du groupuscule arrêté samedi dernier en France. « Comment certains jeunes deviennent djihadistes » C’est la Une de La Croix qui tente de répondre à cette question : « des jeunes souffrant d’un mal-être dans la société ‑ certains ont déjà basculé dans la délinquance ‑ sont aujourd’hui en contact avec des messages de haine proférés le plus souvent à des milliers de kilomètres de la France. Ils trouvent dans une vision guerrière du monde un catalyseur à leur révolte intérieure. Ils agissent le plus souvent en dehors des réseaux et des mosquées de l’islam installé. Ils se forgent une identité à partir de propagande trouvée, pour l’essentiel, sur Internet. (…) Une grande responsabilité échoit aussi aux musulmans de France, relève également La Croix. Ils sont appelés à dire leur attachement au sol européen, à la culture démocratique, à une société où l’islam est un élément d’identité parmi de nombreux autres. »

Le Figaro, lui, insiste sur le rôle de l’univers carcéral : « comment l’islamisme radical gangrène les prisons », s’exclame le journal en Une. « Un tabou doit sauter, affirme Le Figaro. La population carcérale en France est à près de 50 % de confession musulmane, selon des estimations jamais publiées officiellement. Derrière les barreaux, le prosélytisme islamique bat son plein. Faute d’aumôniers agréés de cette religion en nombre suffisant et d’une vigilance adaptée, la parole est portée par des prêcheurs autoproclamés, à la doctrine bricolée, au verbe violent et aux intentions souvent criminelles. Tous les acteurs de l’administration pénitentiaire le savent. »

Toutefois, remarque La République du Centre, « sur les cinq millions de musulmans en France (…), une immense majorité souffre de cette caricature d’un islam belliqueux incarné par les islamistes radicaux. Reste, en l’absence de hiérarchie religieuse, aux imams et aux responsables musulmans à se faire les “apôtres” d’un islam tolérant. Reste, en retour pour nos politiques, à ne pas se tromper de cible : ce n’est pas l’islam qu’il faut combattre mais les islamistes réfutant nos valeurs républicaines. »

Chavez « l’inoxydable » !

Hugo Chavez est réélu pour un quatrième mandat. « Nouvel élan des urnes pour la révolution Chavez », se félicite L’Humanité. « Insubmersible Chavez », ou encore « inoxydable révolutionnaire », lance Le Parisien. Le président vénézuélien a « été élu avec le plus bas score depuis son arrivée au pouvoir en 1998 », relève Le Figaro. Il n’empêche, lance Libération, « les habitants des ranchos (bidonvilles) et des barrios (quartiers) pauvres de Caracas et des grandes villes vénézuéliennes ont fait la différence, votant massivement pour un président qui a amélioré leurs conditions de vie. A grand renfort de programmes sociaux touchant l’éducation, le logement, l’alimentation ou la santé, financés par les pétrodollars qui déferlent sur le 5ème producteur mondial d’or noir et détenteur des plus grandes réserves. »

Alors, c’est vrai, reconnait La Charente Libre, « on peut s’inquiéter de ses relations privilégiées avec l’Iran d’Ahmadinejad et la Syrie de Bachar el-Assad. Mais on ne peut ni mépriser ni ignorer Hugo Chavez. Parce qu’il est l’espoir d’un peuple, parce qu’il est, au-delà sa personne, une illustration parmi d’autres d’un continent qui se développe, s’affranchit et mérite reconnaissance dans le concert international. »

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