Chronique des matières premières

La demande d'acier devrait ralentir encore en 2013

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La demande mondiale d'acier est en baisse.
La demande mondiale d'acier est en baisse. DR

La reprise économique mondiale, début 2012, a été stoppée en plein vol par la crise de la zone euro. Le deuxième semestre a donc été plus mauvais que prévu pour la demande mondiale d'acier, un ralentissement qui devrait se poursuivre en 2013.

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L'Association mondiale de l'acier, qui regroupe la quasi-totalité des producteurs mondiaux d'acier, a encore revu à la baisse ses prévisions de croissance de la consommation mondiale : elle ne sera que de 2% en 2012, de 3,2% en 2013, contre plus de 6% l'an dernier.

Ce qui frappe d'abord, c'est le coup de frein dans les pays émergents : 3% d'acier supplémentaire consommé en 2012, un peu plus l'an prochain. On est très loin des 10% par an qu'on observait depuis dix ans. Parmi ces pays, c'est la Chine qui calme le plus sa boulimie (+3% seulement cette année contre +6,5% en 2011). Le pays n'a certes pas encore atteint son pic de consommation - il est prévu en 2028 ! - mais Pékin a tout de même voulu calmer l'inflation et la frénésie immobilière. Les aciéries chinoises en font les frais, après s'être considérablement endettées dans ce secteur pendant les années fastes. L'Inde au contraire continue à voir sa demande d'acier progresser fortement (de 5% en 2013), pour le bâtiment et la construction automobile.

Dans les pays industrialisés non plus la situation n'est pas uniforme : l'Amérique du Nord devrait consommer 7,5% de plus d'acier cette année, encore 4% de plus l'an prochain. Il n'y a finalement qu'en Europe que la consommation chute et beaucoup plus violemment que prévu (-6%). Un quart à un tiers de la demande a disparu par rapport à 2007. L'industrie européenne de l'acier est donc en surcapacité, cette situation pourrait durer cinq ans, jusqu'à dix ans en Espagne où la bulle immobilière a éclaté avec violence et où des aciéries sont arrêtées, comme en Italie et en France. L'Allemagne s'en sort mieux mais ses aciéries se battent pour écouler chaque tonne d'acier auprès d'acheteurs très timides. Les surcapacités européennes se retrouvent sur le marché mondial, avec l'acier turc, mais là non plus les acheteurs ne se bousculent pas.

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