Chronique des matières premières

La demande de pétrole ralentit le rythme et passe à l'Est

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L'AIE prévoit une moyenne de prix de 89 dollars le baril en 2017 contre107 dollars cette année.
L'AIE prévoit une moyenne de prix de 89 dollars le baril en 2017 contre107 dollars cette année. Getty Images/Pete Turner

Les cours du brut devraient globalement baisser dans les cinq ans qui viennent, pronostique l'Agence internationale de l'énergie, puisque la croissance de la consommation sera moins importante que prévu. Mais le basculement à l'Est de la demande de pétrole pourrait réserver des surprises au marché mondial.

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L'AIE a revu à la baisse d'un demi-milliard de barils par jour la croissance annuelle des besoins de pétrole d'ici 2017. La crise de la zone euro a ralenti l'activité industrielle sur toute la planète, et cela s'est conjugué à des progrès plus rapides que prévus en matière d'efficacité énergétique.

Autre fait majeur, l'Amérique du Nord va devenir de plus en plus autosuffisante en pétrole ; les Etats-Unis avec leur huile de schiste du Dakota et le Canada avec ses sables bitumineux. Les importations américaines vont donc baisser considérablement, de moitié dans les 15 ans qui viennent, ce qui devrait contribuer à soulager la tension sur le marché mondial et donc les prix.

Mais cela ne fera qu'accentuer le déplacement de la demande vers l'Asie et le Moyen-Orient. En 2020, 60% du commerce du brut aura l'Asie pour destination. Or, la Chine et l'Inde ont certes des réserves nationales de pétrole, mais elles ne font pas partie du système solidaire des stocks stratégiques au sein de l'AIE, qui contraint ses membres à conserver 90 jours de consommation pour pouvoir en relâcher de concert en cas de forte envolée des cours.

Les pays de l'Opep (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) n'ont, quant à eux, pas intérêt à voir les prix mondiaux baisser : ils vont consommer et raffiner de plus en plus leur propre pétrole, et donc ils voudront conserver des prix élevés à l'export pour équilibrer leur budget.

Enfin, les routes du pétrole traverseront de moins en moins l'Atlantique, mais l'océan Indien et le Pacifique. Les Etats-Unis continueront-ils à jouer les gendarmes des mers, alors qu'ils seront moins dépendants du marché mondial ? Toute perturbation des flux de l'Afrique ou du Moyen-Orient vers l'Asie risque de faire sursauter les cours, et ce, pour toute la planète. Si l'AIE prévoit une moyenne de prix de 89 dollars le baril en 2017 contre107 dollars cette année, les accès de fièvre pourraient tout de même être remarquables, dans les prochaines années !

 

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