Invité Afrique

Paul Mwilambwe, policier congolais, témoin du meurtre de Floribert Chebeya

Audio 05:52
Les avocats du collectif des droits de l'homme lors du procès en appel mettant en cause deux policiers accusés du meurtre de Chebaya et de son chauffeur, au tribunal militaire de Malaka, à Kinshasa, le 7 juillet 2012.
Les avocats du collectif des droits de l'homme lors du procès en appel mettant en cause deux policiers accusés du meurtre de Chebaya et de son chauffeur, au tribunal militaire de Malaka, à Kinshasa, le 7 juillet 2012. AFP/Junior D. Kannah

« C’est le général Numbi qui a intimé l’ordre au major Christian. Et lorsqu’il a donné cet ordre, il a dit au major Christian que cet ordre vient du président de la République. Ça c’est le major Christian qui me le rapporte. D’abord l’ordre est venu : toute personne qui accompagnerait Chebeya, que ça soit son fils, que ça soit son collègue, que ça soit son épouse, doivent subir le même sort que Chebeya. Et il m’a dit : "Voyez dans la voiture. Son chauffeur, on l’a déjà exécuté". J’ai regardé la voiture et j’ai vu un corps sans vie. Et lorsque je parle avec le major Christian, les policiers sont en train de continuer à étouffer Chebeya. »

Publicité

RFI a pu interviewer en exclusivité Paul Mwilambwe, ce policier congolais qui affirme avoir assisté au meurtre du militant des droits de l’homme, Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010. Il affirme également que le commanditaire de l’assassinat était le général John Numbi, chef de la police à l’époque, qui aurait agi sur ordre de la présidence. Ce témoignage avait été révélé en premier par le réalisateur belge Thierry Michel, auteur du film L’affaire Chebeya, crime d’État ? Paul Mwilambwe affirme avoir été plusieurs fois enlevé et menacé d’exécution en RDC avant qu’il ne parvienne à quitter le pays. Il vit depuis dans la clandestinité dans un pays d’Afrique.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail