Chronique des matières premières

La Côte d’Ivoire et la noix de cajou, l'histoire d'une volonté

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noix de cajou sur l'arbre.
noix de cajou sur l'arbre. Eric Gaba/Wikipédia

Pays connu pour sa production de cacao, la Côte d’Ivoire est également en train de se hisser dans le peloton de tête des producteurs de la noix de cajou ou anacarde. La Chronique des matières premières est présentée par Stanislas Ndayishimiye.

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Presque confidentielle il y a encore une dizaine d’années en Côte d’Ivoire, la production de la noix de cajou place aujourd’hui le pays au 2e rang mondial, après l’Inde et avant le Vietnam… Et c’est le premier exportateur de la noix de cajou brute. Les champions de la première transformation étant le Brésil, l’Inde et le Vietnam. La Côte d’Ivoire tente maintenant de se hisser sur le podium des pays qui dominent le marché de la transformation. Avec les 30 000 tonnes de noix de cajou brute décortiquées dans les usines de Bouaké, Touba et Odienné, elle occupe aujourd’hui la 4e place. Mais elle encore loin derrière le Brésil, l’Inde et le Vietnam.

A côté de la production du coton dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’année est désormais aussi rythmée par les deux campagnes de l’anacarde, celle de la production et celle de la commercialisation. Sur les quelques 420 000 tonnes produites cette année, 40 000 tonnes n’ont pas été écoulées. Les producteurs comptent les reporter sur la campagne suivante, qui va timidement commencer en février et se terminer lentement en septembre, après les pics de mai et juin. Mais selon un expert du réseau Rongead, les noix de cajou ivoiriennes se positionnent mal sur le marché à cause de leur qualité médiocre. Selon cet expert, les commerçants veulent faire du volume le plus vite possible au cours du ramassage chez les producteurs. Ils constatent souvent les dégâts en arrivant au port d’Abidjan. Et cette année, les fortes pluies de 2011 ont fortement affecté la qualité des noix de cajou produites en Côte d’Ivoire.

Le début de la campagne 2012 est resté marqué par le choc d’une consommation extrêmement décevante sur les trois derniers mois de l’année 2011, alors que les prix internationaux de l’anacarde avaient atteint leur plus haut historique en septembre. Il y a aujourd’hui des craintes dans l’ensemble de la filière, au mieux d’une stagnation, au pire d’une diminution des prix l’année prochaine, pour deux raisons. D’abord, les zones de consommation que sont les Etats-Unis, l’Europe, la Chine et l’Australie, donnent peu de signes de reprise. Ensuite, la production d’amande de Californie aux Etats-Unis, qui est un produit concurrent de l’anacarde, a atteint de nouveaux records et les prix de l’amande de Californie se maintiennent bien en dessous de ceux de l’anacarde.

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