Revue de presse française

A la Une : le massacre des Algériens à Paris en 1961

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Par la voix de son président, la France reconnait que la police a massacré des centaines d’Algériens manifestant pour l’indépendance de leur pays. Cette année-là, le 17 octobre, c’est un « crime d’Etat » qui a été commis, titre Libération. Le quotidien souligne en Une « l’aveu » concédé par François Hollande et constate en pages intérieures que cette reconnaissance par le chef de l’Etat est une « première dans l’histoire ». Et Libération se félicite que « pour la première fois, (…) la République (…) “reconnaisse ces faits”. Ainsi prend fin la censure officielle, le silence d’Etat qui a, des années durant, occulté ces meurtres et noyades de manifestants qui défilaient pour l’indépendance de leur pays colonisé ».

Mais cette reconnaissance officielle en indigne plus d’un en France. Et ce passé « ne passe pas à droite », insiste L’Humanité. La reconnaissance des « crimes du 17 octobre 1961 par le président François Hollande révèle les clivages profonds du pays entre gauche et droite – et c’est peut-être voulu », estime le quotidien communiste.

Réprobation également des « représentants des pieds-noirs », constate Le Figaro, qui note la « colère des rapatriés », étant rappelé que les « pieds-noirs » sont les Français nés en Algérie du temps où ce pays était formé de trois départements français. Le quotidien témoigne de l’émotion des représentants d’associations de pieds-noirs en France après le geste de François Hollande. Des associations « parfois divisées », concède le quotidien, mais qui, cette fois-ci, sembles finalement « unanimes » à contester la proposition de loi des sénateurs communistes, qui veulent faire du 19 mars une journée du souvenir de toutes les victimes de la guerre d’Algérie, en référence au 19 mars 1962, date du cessez-le-feu résultant des « accords d’Evian ».

En tout cas, estime Le Figaro, François Hollande vient avec cette reconnaissance de s’engager sur un chemin « semé d’embuches et de pièges ». Toutefois, complète le quotidien, en agissant ainsi, le président français « n’ignore pas non plus l’agenda. Une intervention militaire se prépare au Mali ».

Mali : guerre et paix

Justement, les préparatifs guerriers au Mali seront débattus aujourd’hui à Bamako ; Une semaine après la résolution des Nations unies prévoyant une opération militaire au nord-Mali, une réunion élargie destinée à planifier cette éventuelle intervention se tient aujourd’hui à Bamako, la capitale malienne. Y participent des représentants de la France, de l’ONU, de l’Union Africaine, de l’Union européenne et de nombreux partenaires du Mali.

Aujourd’hui donc, Bamako est « entre préparatifs de guerre et négociations », titre L’Humanité. Le quotidien communiste français souligne donc la persistance d’une possible sortie de crise négociée, en ligne avec les positions de l’Algérie. Dans la résolution prise vendredi dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies, c’est surtout la « distinction entre groupes terroristes et groupes armés avec lesquels il serait possible de négocier qui satisfait l’Algérie », souligne L’Humanité.

Montebourg : ministre cocardier
 
Un mannequin insolite aujourd’hui à la Une d’un journal français, puisqu’il s’agit d’un ministre en exercice. Arnaud Montebourg, puisque c’est de lui dont il s’agit, paie ainsi de sa personne sur la couverture d’Aujourd’hui-en-France Magazine ! Vêtu d’une marinière confectionnée en France, équipé d’une montre française et brandissant un mixer « made in France », le ministre du redressement productif prend la pose. Sur fond bleu-blanc-rouge, avec son mixer qu’il porte comme un saint-sacrement, Arnaud Montebourg a tout du camelot proposant de l’électroménager à la foire de Plougastel-Daoulas. C’est, on l’imagine, exactement l’effet qu’il voulait rechercher. « Je veux des rayons Made in France dans les supermarchés », dit-il en pages intérieures du magazine, où il apparaît, cette fois-ci, costumé et cravaté devant trois chaises de quelles couleurs ? Bleu-blanc-rouge.

Emmanuelle : « sex and death »

Un autre mannequin, un vrai, est à la Une la presse française ce matin. Sylvia Kristel, alias Emmanuelle, est en Une de Libération et du Parisien-Aujourd’hui en France. Symbole de la libération sexuelle des années 70, l’actrice néerlandaise s’est éteinte à l’âge de 60 ans. Les deux quotidiens la localisent désormais au « septième ciel ». Libération rend hommage à cette « fille du nord dont la beauté un peu froide survivra à la médiocrité de ses films », à commencer par Emmanuelle, qui, en son temps, a connu un « colossal succès », rappelle le quotidien.

« Les icônes meurent aussi », soupire Le Parisien-Aujourd’hui en France, qui publie la célèbre photo de Sylvia Kristel, nue dans son fauteuil en osier tressé et rappelle qu’en 1974, à la sortie du film, le mannequin hollandaise était devenue le « fantasme de toute une génération ».

Emile Allais : Emile s’en est allé

Hommage également au skieur Emille Allais, premier médaillé olympique et champion du monde français. « La planète glisse est en deuil », formule Le Figaro. « Les skieurs lui doivent tout. A commencer par ces virages skis parallèles », souligne Le Figaro, qui rappelle en effet que c’est Emile Allais qui « avait mis au point cette technique ». C’est aussi pour lui qu’avait été créé le fuseau, ce pantalon moulant cher aux skieurs. Emile Allais s’est éteint à l’âge de cent ans.

 

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