Chronique des matières premières

Culture du quinoa en zone andine

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Le quinoa.
Le quinoa. futura-sciences.com

Les Incas l’appelaient « La mère de tous les grains ». Probablement originaire de la région du lac Titicaca, le quinoa se cultive depuis plus de 5000 ans sur les hauts plateaux andins, principalement en Bolivie, au Pérou et en Equateur. Pour les puristes, le quinoa est considéré comme une pseudo-céréale qui fait plutôt partie de la famille des épinards et de la betterave. Longtemps décrié, cet aliment riche en protéines connaît aujourd’hui une nouvelle jeunesse. Les prix explosent, mais des problèmes écologiques se font jour.

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Le 29 octobre prochain, c’est le président bolivien Evo Morales qui donnera à New York le coup d’envoi officiel de l’année international du quinoa, décrétée par les Nations Unies.

Il devrait être accompagné de la première dame péruvienne…. Normal puisque ces deux pays sont les principaux producteurs mondiaux de quinoa avec près de 50.000 hectares cultivés chacun.

Cet aliment a été dédaigné par les conquérants espagnols qui lui ont préféré la pomme de terre et le mais. Ce grain doit être en en effet abondamment lavé à l’eau, sinon il conserve le goût amer de la saponine qui le protège d’attaques de parasites et d’insectes. Il a aussi longtemps été considéré comme une nourriture seulement bonne « pour les Indiens ».

Aujourd’hui pourtant les choses ont changé. Les qualités nutritionnelles du quinoa ont été redécouvertes par l’Occident. C’est un produit phare du commerce équitable. Les exportations péruviennes de quinoa ont atteint 25 millions de dollars l’an dernier. Il y a 6 ans, le chiffre arrivait tout juste au million, selon Max Rodriguez, coordinateur de Développement Régional de Promperú, l’organisme officiel qui s’occupe de la promotion du pays.

La recherche a développé de nouvelles variétés de quinoa, moins amères. Selon l’ingénieur Rafael Péralta, leader du Programme de Légumineuses et Grains Andins de l’Institut Equatorien de Recherches Agricoles, les surfaces cultivées sont passées de 1000 à 3000 hectares en Equateur.

L’engouement pour le quinoa est dû à l’envolée des prix : un petit producteur andin reçoit généralement 30 dollars pour un quintal de blé. Le chiffre double, voire triple pour le quinoa qui du coup est à l’origine d‘une migration à l’envers.

En Bolivie et au Pérou, de nombreux paysans reviennent aux champs pour le cultiver. Ils plantent des terres normalement maintenues en jachère ou investissent les terres de pâturage des lamas et alpacas. Ce faisant, ils perdent la logique des anciens agriculteurs. Selon l’ingénieur Péralta, le quinoa n’était cultivé que tous les 7 ans sur une même parcelle pour permettre la récupération de la couche arable. De nombreux scientifiques dont beaucoup de français recommandent donc de prendre des précautions pour que l’essor du quinoa ne se fasse pas au détriment de l’écologie des hauts plateaux andins.

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