Revue de presse française

A la Une : gaffes, bévues et boulettes…

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Les journaux ne sont pas tendres après le nouveau couac du Premier ministre hier matin. Jean-Marc Ayrault a en effet brûlé la politesse au Conseil constitutionnel en annonçant l’annulation de la loi sur le logement social avant que celui-ci ne rendre son verdict officiellement. Du coup, Libération se fâche… « Les apprentis », s’exclame le journal en Une, avec cette photo de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande, de profil, et comme engoncés dans leur costume… Libération, d’ordinaire plutôt indulgent envers le gouvernement, ne mâche pas ses mots : « l’erreur de procédure pointée hier par le Conseil constitutionnel – qui met à mal l’une des promesses emblématiques de François Hollande – s’ajoute à une longue liste de couacs, de ratés ou de bisbilles publiques qui jettent déjà le trouble. Ce n’est pas encore la déroute, mais il y a de quoi être dérouté, soupire Libération. (…) La bienveillance de l’opinion n’est plus de saison. Il y a quelque chose qui cloche dans la méthode de ce gouvernement. Et la Constitution veut aujourd’hui qu’il n’est pas possible d’en exonérer le président de la République. »

« Bévues en série au gouvernement », renchérit Le Figaro. « Un couac, cela peut arriver. Au bout de cinq, cela commence à devenir louche. Mais, à l’approche de la vingtaine, cela crée incontestablement un style, s’exclame le journal. Celui du gouvernement Ayrault qui, de ratés en recadrages, de reculs en renoncements, d’annonces prématurées en aménagement des propositions de François Hollande, a singulièrement fini par donner corps aux accusations d’“amateurisme” dont l’accable sans relâche l’opposition. »

Flottement inquiétant ?

La Charente Libre renchérit : « après la série de couacs ministériels sur la dépénalisation du cannabis, la procréation assistée pour les couples homosexuels ou encore la reculade face aux “pigeons” de la Net économie, cette absence de maîtrise de l’agenda gouvernemental commence à faire beaucoup. (…) Entre précipitation et attentisme, un flottement inquiétant s’installe dans la gouvernance du changement promis par François Hollande, déplore le quotidien charentais. (…) La censure de la loi Duflot et son environnement politique doivent amener l’exécutif et au premier chef François Hollande à resserrer les boulons de sa majorité, à tous les niveaux. »

Du coup, estime Le Républicain Lorrain, « se pose la question de la pertinence du casting établi en mai. Beaucoup de ministres novices. Des cabinets n’ayant pas l’étoffe des équipes socialistes des débuts de l’ère Mitterrand. Et surtout un président sans passé ministériel envoyant à Matignon un homme tout aussi dépourvu d’expérience gouvernementale. Cela nous donne à l’arrivée une accumulation d’hésitations, de gaffes et d’impairs placés sous le signe de l’impréparation. »

La Montagne se veut indulgente… « Mettons ces ratés sur le compte du rôdage d’un quinquennat soucieux de répondre à la crise. Attention, en revanche, aux deux prochains rendez-vous, compétitivité et réforme du travail. Pas de droit au ratage. »

La fin des 35 heures ?

Justement, à propos de la compétitivité, nouvelle fuite ce matin, du rapport Gallois, qui sera rendu officiellement le 5 novembre. C’est Le Parisien qui l’annonce en Une : « faut-il en finir avec les 35 heures ? C’est la bombe contenue dans le rapport Gallois sur la relance de la compétitivité. Selon nos informations, précise le journal, il préconise la fin de la durée légale du travail au profit de négociations, au cas par cas, dans les entreprises. »

Commentaire du Parisien : c’est une « bombe, (…) une proposition embarrassante pour Hollande, en plein débat sur la réduction du coût du travail. (…) Une mini révolution réclamée à cor et à cri par la droite pour qui les 35 heures, en plus d’avoir plombé les comptes de la nation, sont devenues une entrave à la réussite économique pour les entreprises françaises. Et un frein à la croissance. »

Alors, « que fera le gouvernement de cette proposition ? », s’interroge Le Parisien. Réponse du journal : « à l’instar de ce qu’il a déjà fait à la suite de fuites dans la presse évoquant un recours à une hausse de CSG, voire aussi de la TVA, pour financer des allégements de charges pour les entreprises, François Hollande devrait une nouvelle fois botter en touche. (…) Ne serait-ce qu’évoquer la suppression des 35 heures. “Ce serait un véritable reniement politique”, confesse un proche de Hollande. C’est pourtant bien lui, relève Le Parisien, qui disait vouloir s’appuyer sur les conclusions de Louis Gallois pour doper la croissance du pays. Plus que jamais, conclut le journal, le rapport sur la compétitivité apparaît comme un piège pour le chef de l’Etat. »

Duel télévisé

Enfin le débat Fillon-Copé ce soir sur France 2, en vue de l’élection à la tête de l’UMP… « Soirée télé obligée pour la famille UMP », ironise Libération. Le Figaro, lui, se garde bien de prendre parti et donne la parole à l’ancien ministre Xavier Bertrand, qui affirme ne pas avoir encore fait son choix…

En tout cas, relève Sud-Ouest, « la confrontation de ce soir aura pour mérite de montrer que ce ne sont pas seulement deux personnalités bien différentes qui s’affrontent, mais aussi deux visions de la droite et deux stratégies divergentes pour l’UMP, l’une qui lorgne vers le Front national, l’autre qui cherche à rassembler au centre. Et en cela, ce débat concerne tous les Français. » 

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