Revue de presse Afrique

A la Une : très cher mouton, suite…

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Nous en parlions déjà hier… Et les journaux du continent poursuivent le débat ce jeudi. En cette veille de Tabaski, ou d’Aïd al-Adha, comme on voudra, la grande préoccupation des fidèles reste encore et toujours le prix du mouton, en particulier, et les prix des denrées de base, en général.

Car, à l’approche de la fête, tout augmente… que ce soit en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Mali, au Sénégal ou encore en Algérie, avec ce dessin publié dans le quotidien Liberté : intitulé, « la fête du sacrifice », on y voit un Algérien de base en train de brandir un marteau au-dessus d’une tirelire en forme de cochon…

Et le quotidien algérien de dresser ce triste constat : « la demande de mouton, mort et vif, n’a pas empêché le poulet de continuer à enchérir, malgré l’exonération de taxes et droits de douane des aliments de volaille. La sardine aussi se fait rare et précieuse et a cessé de jouer à l’aliment de recours. Les légumes, secs compris, sont inabordables. Si l’on excepte le pain de mauvaise qualité et le lait en sachet dont on maintient les tarifs à force de subventions et de dilution, il n’y a plus de nourriture du pauvre. (…) L’Algérie, plus riche que jamais, semble impuissante, soupireLiberté, face à la dégradation du niveau de vie des citoyens. »

Et le mouton est donc inabordable, comme le constate Le Quotidien d’Oran, non sans une certaine ironie… « Il est tout puissant, cette année, le roi mouton. Seul dans la ville à regarder la meute des clients, le couteau entre les dents, tourner autour de son enclos. Mais personne n’ose s’approcher. Un seul mot, plutôt un seul chiffre, suffit à les tenir à distance. »

En ce temps-là…

Situation similaire à Dakar au Sénégal, où le quotidien La Tribune se fait nostalgique, en regardant vers un proche passé… « En ce temps-là, les moutons n’étaient pas si rares, ils n’étaient pas si chers. (…) En ce temps-là, les denrées de première nécessité n’avaient pas connu une telle hausse ; les commerçants n’agissaient pas à leur guise, dictant de manière cynique leur loi, défiant un gouvernement qui avait promis de meilleures conditions de vie. (…) En ce temps-là, le désordre n’était pas aussi présent à Dakar et dans tout le pays ; l’Etat n’était pas aussi absent et frileux. »

Au Burkina, bis repetita« Les coûts des béliers inabordables » : c’est la Une du quotidien Le Pays. Là encore, « c’est la course au mouton », et là encore, on atteint des prix record. « Il faudra disposer d’au moins 60 000 F CFA, relève le journal, pour avoir un bélier digne d’être immolé à l’occasion de la Tabaski. »

Alors, « certains ont pu néanmoins avoir des béliers à une somme inférieure à 25 000 francs CFA, poursuit Le Pays. La question reste maintenant de savoir si ces béliers sont propices à l’immolation pour l’Aïd. » Car, en effet, les règles sont précises, rappelle le journal : l’animal « doit être de pelage blanc de préférence, marqué de noir au niveau des pattes, des yeux et de la gueule. Il ne doit être ni maigre ni avoir un handicap (borgne, oreille coupée, corne coupée, etc.). Par ailleurs, l’animal doit être très bien entretenu de sorte à ce qu’il soit propre et bien nourri. »

Au cas où, rappelle encore Le Pays, « dans les textes islamiques, en dehors du bélier, il n’y a que le bœuf et le chameau qui peuvent être immolés. Mais il faut que le bœuf ait au moins deux ans révolus et le chameau quatre ans révolus. »

Le mouton se rebiffe !

Retour au Sénégal, où le quotidien Enquêtes donne ce matin des conseils culinaires pour bien préparer le mouton. Pour ce faire, il a interrogé le chef cuisinier Ali Baba Guèye. « Il faut dégraisser la viande avant toute cuisson, affirme-t-il. Pour éviter les intoxications, la grillade est la meilleure cuisson pour la Tabaski. Quand la viande est grillée, la graisse restante fond sur le feu et, à ce moment, on mange sainement et sans aucun danger. » Donc, préconise le chef Ali Baba Guèye, « juste du sel, du laurier, de l’ail et un peu de vinaigre. »

Enfin, toujours au Sénégal, cette drôle d’histoire que nous raconte Le Soleil : « un bélier neutralise son voleur en le mettant KO ! » Les faits se sont déroulés au village de Kodith, près de Niandane. Un jeune homme non encore identifié, a pénétré de nuit dans un enclos, dans le but de voler un bélier. Mais l’animal ne s’en est pas laissé compter… et a chargé, cornes en avant… « Atteint en plein front, le voleur s’est évanoui, complètement sonné. Sous la violence du choc, il serait resté dans cette position jusqu’à l’arrivée du propriétaire, le matin. Sa surprise passée, celui-ci a averti les forces de l’ordre et les secouristes de la caserne des sapeurs pompiers. Surpris eux aussi, l’un d’entre eux a dit, avec satisfaction, relève Le Soleil : “voilà un mouton qui se fait respecter sur un simple coup de tête”. » Et quelques heures plus tard, au marché, on ne parlait que de ça, l’histoire de ce bélier qui, pour reprendre l’expression entendue sur place, « a fait sa Tabaski à son voleur. »

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