Revue de presse Afrique

A la une de presse Afrique: l’Algérie préfère le dialogue au Mali

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Le dialogue encore et toujours, avant l’intervention militaire au nord du pays. L'argument selon lequel le nord du Mali pourrait se transformer en base arrière d'Al-Qaïda pour justifier une intervention militaire dans le Sahel « ne tient pas debout », a dit le ministre algérien de l'Intérieur au quotidien francophone Le Soir.

« Si les gens s'imaginent qu'il faut réinstaurer l'autorité centrale (du Mali) sur le Nord par la voie de la guerre, cela aura des conséquences très graves », a déclaré Dahou Ould Kablia, étant rappelé que, tout en ne rejetant plus une option militaire, Alger maintient sa position d'un dialogue entre les composantes maliennes de Bamako et touareg.

Toutefois, malgré les mises en garde officielles algériennes, « la solution armée à la crise malienne semble bien partie pour l’emporter sur celle du dialogue », relève Guinée Conakry Info. « Tout le monde semble avoir compris que le pire serait de laisser prospérer, dans cette zone, un sanctuaire islamiste », souligne le site internet guinéen, qui note qu’au nord-Mali, les combattants islamistes « disent vouloir aller jusqu’au bout. (…)

Eux aussi se préparent à la guerre, qu’ils savent désormais inévitable. Mais, redoutant plus ou moins les forces étrangères, ils font appel à la solidarité islamiste. Des appels auxquels ont répond tout naturellement certains pays arabes dont l’Afghanistan, le Pakistan, la Tunisie, l’Egypte, la Libye, etc. (…) Mais il se trouve que les fidèles d’Aqmi et du Mujao ne viennent pas que de ces pays. Comme l’atteste l’arrestation avant-hier d’un terroriste en provenance de la France, l’Europe n’est plus forcément à l’abri », complète Guinée Conakry Info.

Mali : l’émule de Merah

Justement, à Bamako, l’interrogatoire du franco-malien arrêté cette semaine se poursuit. L’homme a été arrêté alors qu'il tentait de rejoindre Tombouctou. Ibrahim Ouattara, c’est son nom, a été transféré dans la capitale malienne où il est interrogé.

Agé de 24 ans, ce français d’origine malienne « n’a manifestement qu’un seul objectif dans la vie, le jihad, résume, à Bamako, L’indicateur du Renouveau. Ibrahim Ouattara était en prison jusqu’en juillet dernier. Car en 2010, il voulait assassiner le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.

Il fait partie donc de cette mouvance des jeunes jihadistes français qui est apparue au grand jour avec les meurtres commis par le jeune terroriste Mohamed Merah à Toulouse en mars dernier », ajoute le journal malien, qui cite des informations du quotidien français Le Monde, selon lequel le jeune homme « avait déjà attiré l’attention des services de renseignements pour de nombreux séjours dans des pays sensibles entre autres au Pakistan, au Soudan et aussi au Yémen où il aurait déjà été interpellé pour défaut de visas et renvoyé vers la France. Une surveillance qui ne l’a pas empêché de continuer à voyager ».

Mali : jihadisme « made in France »

« Quand la France exporte des djihadistes », lance ainsi, au Burkina Faso, le quotidien Le Pays. « On savait la France exportatrice, entre autres, de trains, de fromages et de bons vins. Il aura fallu la crise du Nord-Mali pour qu’on lui découvre une autre prouesse : l’exportation de « djihadistes » ! », conclut, lapidaire, le journal ouagalais.

Mais il n’y a pas que la presse africaine. La presse française, ce matin, n’est pas en reste non plus au sujet de cette affaire. Le Parisien-Aujourd’hui en France évoque ces Européens « tentés par le jihad au Mali ».

Dans un article intitulé « Ouattara, un français globe-trotteur de la guerre sainte », le quotidien français cite l’entretien du ministre malien de la Défense sur nos antennes. Lequel nous disait que le jeune Ibrahim Ouattara était « l’initiateur d’un groupe de jihadistes volontaires pour aller prêter main-forte aux islamistes ». Et Le Parisien ajoute qu’une dizaine de personnes « attendraient son feu vert en France ». En tout cas, selon le quotidien, « l’importante communauté malienne en France facilite les contacts ».

Côte d’Ivoire : justice univoque

« La réconciliation à l’épreuve la justice » en Côte d’Ivoire. C’est le titre de la « Tribune des droits humains » publiée par sept médias sur Internet , dont le site Rue89 de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur en France. « Comment concilier le besoin de justice et la nécessité d’une réconciliation ? », c’est le thème de cette tribune, qui relève que « seuls les partisans de l’ex-président Gbagbo sont en attente de leur procès » mais aussi que « les principaux architectes de la victoire militaire de Ouattara, dont certains sont aussi accusés d’avoir commis des atrocités, ont été promus à de hauts grades de l’armée ».

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