Revue de presse Afrique

A la Une : une bien longue attente au Nord-Mali

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Le temps paraît interminable pour l’immense majorité des habitants du nord du Mali. Le temps qui semble même s’être arrêté depuis la prise de contrôle de la région par les groupes islamistes armés. Le site internet de Jeune Afrique nous emmène au cœur de la zone occupée, à Gao. « Pendant ce temps, Gao pleure », c’est le titre de ce reportage. « À l’heure des derniers préparatifs d’une offensive armée de la Cédéao pour déloger les islamistes du Nord-Mali, les villes occupées sombrent dans l’asphyxie économique. Exemple à Gao, où règnent en maître le Mujao et ses combattants venus de tous les horizons. La cité des Askias suffoque, rapporte Jeune Afrique. (…) Les habitants racontent le poids de plus en plus pesant de la domination jihadiste ; l’essoufflement, aussi, dû aux efforts fournis pour vivre, ou pour survivre, “alors que tout manque, explique Abdu, un commerçant”. Les étals des marchés de Washington et du marché aux légumes, les deux lieux de ravitaillement de la ville, sont vides ou fermés. Les familles les plus démunies ne mangent plus qu’une fois par jour. »

Autre difficulté pour les habitants de Gao, poursuit Jeune Afrique : « comme à Tombouctou, le soutien économique des islamistes armés est désormais restreint ; l’électricité, jusqu’à récemment pourvue gratuitement 12 heures par jour, n’est plus disponible qu’entre 18 heures et minuit. Économie de guerre en vue de la reprise des affrontements ? », s’interroge le site. En tout cas, « aux portes de la ville, les bruits de tirs sont plus fréquents ces derniers jours. La police islamique est nerveuse, les contrôles de routine sont plus pressants. La méfiance augmente à l’égard des populations. »

Quant à la guerre qui se profile, les sentiments de la population sont partagés, explique encore cet habitant de Gao cité par Jeune Afrique : « d’un côté, l’idée d’une guerre nous fait très peur, affirme-t-il. De l’autre, tout le monde attend que l’on chasse enfin les islamistes. »

Réticences et autres tergiversations…

Justement, relève L’Observateur au Burkina, « on n’attend plus que le feu vert des Nations unies : après des mois de palabres, la Cédéao a enfin arrêté son plan de bataille définitif pour libérer le Nord-Mali des groupes islamistes et indépendantistes. L’affaire n’est donc plus qu’une question de temps même si, selon toute vraisemblance, ce n’est pas avant 2013 qu’on verra le premier casque blanc débarquer sur les rives du Djoliba. » En effet, précise le quotidien burkinabè, « outre le blanc-seing onusien, il faut vaincre définitivement les réticences algériennes, rassembler les contingents et la logistique qui va avec et surtout l’argent qu’il faut, lequel fait l’objet d’une petite polémique entre les Africains et les pays donateurs. Le coût de l’opération pour six mois, estimé à 500 millions de dollars US, soit près de 3 milliards de francs CFA, serait surévalué aux yeux des Occidentaux, qui ne sont pas loin de suspecter leurs partenaires ouest-africains de vouloir profiter de la situation. »

Et puis les tergiversations diplomatico-militaires sont nombreuses…

C’est ce que rapporte notamment Guinée Conakry Infos : « Saïd Djinnit, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest, continue à espérer que le dialogue puisse être la solution. Un tel point de vue mérite d’autant plus d’intérêt, remarque le site, que l’organisation onusienne est celle qui devra donner le quitus au déploiement des troupes étrangères au Mali. Dans la même foulée, la France, premier soutien international de l’approche armée, se débat à préciser ce que sera son rôle. Alors que le président nigérien avait laissé entendre que les troupes aériennes de l’ancienne puissance métropole coloniale pourraient être sollicitées par la Micema, François Hollande répond qu’il n’en sera rien. A l’occasion de la toute première conférence de presse qu’il a animée hier à l’Elysée, le numéro un français a tenu à préciser que la participation de son pays se limiterait à l’apport logistique. »

Pour ce qui est des négociations qui se poursuivent en coulisses, notamment avec Ansar Dine, Le Procès Verbal à Bamako note que « le mouvement de Iyad Ag Ghali ne cesse de multiplier les pirouettes… (…) Ansar Dine souffle le chaud et le froid. Du coup, les Occidentaux doutent de sa bonne foi. » Et le journal malien de s’interroger : « arrivera-t-on à découpler Ansar Dine de ses amis “terroristes” d’Aqmi et du Mujao ? Bien malin, répond-il, qui pourrait l’assurer. »

Issoufou sur la ligne dure

Enfin, on évoquait la position du président du Niger… Mahamadou Issoufou est actuellement en France, relève Le Pays au Burkina. « Le numéro un nigérien est venu à Paris pour une table ronde des bailleurs de fonds. A priori, c’est une visite à dominante financière. Toutefois, partisan de la première heure de l’intervention militaire pour chasser les terroristes du Nord-Mali, Mahamadou Issoufou ne rate aucune occasion pour rappeler cette nécessité. » Pourquoi ?, s’interroge Le Pays. La raison en est simple, répond-il : « le Niger subit de plein fouet les contrecoups de cette situation dont les touristes et les investisseurs ont une sainte horreur. Si fait que Mahamadou Issoufou mène une course contre la montre dans ce sens, pousse à la roue pour qu’une intervention militaire ait lieu rapidement contre les terroristes et les trafiquants en tout genre qui ont pris en otage l’essor du Nord-Mali et, aussi, celui du Niger. »

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