Chronique des matières premières

La chute de Goma remet en cause les progrès de la transparence minière dans la région des Grands Lacs

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Lavage du coltan au bord du Lac Kivu, en République démocratique du Congo.
Lavage du coltan au bord du Lac Kivu, en République démocratique du Congo. Getty Images/Tom Stoddart

La Conférence internationale sur l'exploitation minière pour le développement durable dans la région des Grands Lacs s'ouvre à Bujumbura, la capitale burundaise, deux jours après la chute de Goma, aux mains des rebelles en République démocratique du Congo.

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On peut imaginer que l'optimisme ne sera pas débordant parmi les délégués de la Conférence internationale sur l'exploitation minière pour le développement durable dans la région des Grands Lacs.
Cet événement était organisé depuis longtemps par le Programme des Nations unies pour le développement, la coopération allemande et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Il devait permettre de constater les progrès vers plus de transparence dans les revenus miniers des pays de la région : République démocratique du Congo, Burundi, Rwanda et Ouganda.

La loi Dodd Frank aux Etats-Unis avait été un bon aiguillon, même si elle tarde à entrer en vigueur, puisqu'elle imposera aux entreprises américaines, qu'elles soient minières ou utilisatrices finales de minerais, de prouver que leurs matières premières ne sont pas tachées par le sang de la guerre.
Or l'industrie américaine de l'informatique et de l'électronique sont grandes consommatrices de coltan et d'étain qui gisent en grande quantité dans les zones de conflit de République démocratique du Congo, en particulier le Sud-Kivu.
Certaines entreprises avaient donc commencé à améliorer la traçabilité de leur produits. Mais la contrebande des minerais vers les autres pays des Grands Lacs avait prospéré : le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda déclarent beaucoup plus d'or, d'étain ou de coltan à l'export qu'ils ne sont capables d'en produire !

Des discussions étaient en cours entre les pays de la région pour mettre un terme à ces flux illégaux. Mais la chute de Goma, capitale du Kivu, aux mains des rebelles en RDC, remet grandement en question tous ces progrès, d'autant que le pouvoir central à Kinshasa en fait porter la responsabilité au Rwanda.
La contrebande risque de repartir de plus belle, craint un observateur de l'ONG Publiez ce que vous payez, si elle n'est pas le ressort même de la prise de Goma.

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