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Chronique des matières premières

Lait : la crise est différente de celle de 2009

Audio 01:43
Agritel

Lundi, ils ont aspergé le Parlement européen de lait. Hier, ils ont continué à manifester leur mécontentement en occupant les bureaux de la Commission européenne. Les éleveurs laitiers européens sont en difficulté alors que les prix mondiaux du lait, paradoxalement, sont à la hausse. Un contexte très différent de celui de 2009.

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Il y a trois ans, la crise du lait en Europe avait été en grande partie causée par la chute des prix mondiaux de la poudre de lait, fixés à l'autre bout de la planète. En 2009, la production de lait avait été surabondante en Australie et en Nouvelle-Zélande, les poids lourds mondiaux. Or dans le même temps, la crise économique avait provoqué une chute de la consommation mondiale de produits laitiers. D'où un effondrement des prix internationaux qui avait provoqué une baisse de la rémunération des éleveurs européens.
Cette année, la situation est très différente : les prix mondiaux du lait continuent de se redresser cet automne alors qu'ils devraient se tasser, puisqu'on est au plus fort de la production en Océanie et que la collecte s'annonce encore très belle en Australie et en Nouvelle-Zélande. Mais contrairement à 2009, la demande mondiale reste très forte : la Chine a importé comme jamais de la poudre de lait en cette année du dragon, très propice à une hausse de la natalité. La Russie est fortement acheteuse, tout comme le Moyen-Orient. Et la Tunisie importe du lait pour la première fois ce mois-ci. D'où la fermeté persistante des prix mondiaux.
Mais paradoxalement, les producteurs européens ne profitent pas de cette formidable croissance de la consommation. Ils pâtissent d'une part de la guerre des prix entre les mastodontes industriels, en particulier français et allemands. D'autre part, ils sont écrasés par les prix du fourrage, devenus exorbitants avec la hausse du prix mondial des céréales.
Cet handicap européen des aliments du bétail, les Néo-Zélandais ne l'ont pas, puisque les bêtes sont nourries dans les pâturages. Les éleveurs européens sont découragés, la collecte est d'ailleurs en baisse cette année. D'autant qu'ils se sentent menacés par une baisse des aides individuelles, dans le cadre de la nouvelle politique agricole commune, et qu'ils vont voir totalement disparaître les quotas qui limitaient la surproduction, en 2015.

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