Revue de presse française

A la Une de la presse hebdomadaire : Jean-Marc Ayrault en pleine tempête

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Dans la tourmente depuis l’accord conclu avec le géant de l’acier Mittal portant sur le devenir du site lorrain de Florange, dans le nord-est de la France, le Premier ministre français se bat pour être compris.

Il le fait ce matin dans Le Journal du Dimanche, à la une duquel Jean-Marc Ayrault, assis à son bureau de Matignon, mains en élévation et regard en plongée, « résiste face à sa gauche », comme le titre l’hebdomadaire et « assume » ses choix.

Apostrophé par les syndicats après l'accord conclu avec Mittal, mais aussi et surtout après le retrait de ce dernier du projet Ulcos de recyclage du gaz carbonique, le chef du gouvernement admet dans Le JDD que la communication « a été insuffisante » sur ce dernier dossier, mais il ajoute cette petite phrase : François Hollande « n'a jamais promis qu'il sauverait toutes les usines » en difficulté en France.

Evoquant la nationalisation du site de Florange voulue par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, Jean-Marc Ayrault répète dans les colonnes de l’hebdomadaire qu’il s’agissait d’un «processus long et semé d'obstacles juridiques (qui) coûterait au moins un milliard d'euros».

Conclusion : «Je ne mens pas aux Français», lance Jean-Marc Ayrault, qui se veut « garant » des engagements pris par Mittal. Et qui le concède : «Notre pays est dans un état grave, (…) nous nous battons sur tous les dossiers ».

Florange : le bateau ivre de l’Etat

Pour la gauche, la crise de Florange réveille le cauchemar de Lionel Jospin. Lequel, alors qu’il était Premier ministre en 2002, avait avoué les limites de la puissance de l’Etat face aux groupes privés lors de conflits sociaux.

Dix ans après, ça recommence. Et pour l’Humanité Dimanche, Florange est devenu le « symbole du renoncement politique ». A tel point que l’hebdomadaire communiste, qui déplore que le gouvernement ait «penché pour…le seigneur des haut-fourneaux», se demande «qui décide dans ce pays».

Politis ne dit pas autre chose. «L’Etat abdique devant Mittal», lance le journal d’extrême-gauche.

Plus virulent encore, l’hebdomadaire Marianne accuse carrément Jean-Marc Ayrault de s’être fait le «complice d’une tromperie aux dépens des ouvriers lorrains».

De quoi, en effet, conduire Jean-Marc Ayrault à faire ce matin de la résistance face à « sa gauche », comme le formule Le JDD. Car pendant ce temps, la presse proche de la droite, elle, s’alarme plutôt de l’état du pays.

Témoin le diagnostic de L’Express, qui trouve que c’est «la France toute entière qui est malade, dans sa moelle, ses os, ses muscles, ses téguments, c'est-à-dire dans son désir d’être une nation». Bigre !

Plutôt que de se pencher au chevet de la France malade, Le Point, de son côté, s’interesse cette semaine (ce qui revient au même) aux Français «qui en ont marre (et qui ont raison)». Dans l’inventaire se confondent pêle-mêle, selon Le Point, « entrepreneurs, médecins, cadres, artisans, professions libérales, enseignants, commerçants… ».

Mais c’est ainsi. La désillusion vient du fait que les Français «croient encore aux miracles, et leur Dieu s’appelle l’Etat», soupire Le Figaro Magazine.

Copé : le Rastignac de l’UMP

Feuilleton Copé-Fillon, la suite. Même si le combat des chefs pour la présidence de l’UMP a baissé d’intensité médiatique, les deux rivaux ayant décidé de faire profil bas pour éviter un éclatement définitif du parti néogaulliste, la presse hebdomadaire ne s’en lasse pas.

Et cette semaine, le multi-autoproclamé mais contesté président de l’UMP Jean-François Copé est en une du Nouvel Observateur. L’hebdomadaire se penche sur « l’inquiétant Monsieur Copé, ses hommes, ses réseaux, ses secrets, ses méthodes ».

Et inévitablement, à l’instar de Jean-Marc Ayrault avec « sa » gauche, Jean-François Copé tente de reprendre médiatiquement la main ce matin dans Le Parisien Dimanche, en disant espérer parvenir à une « solution politique plutôt que judiciaire » avec son rival François Fillon, tout en réaffirmant l'impossibilité, selon lui, de « repartir dans une campagne interne » avant les élections municipales de 2014. Avant ? Pas question pour Jean-François Copé.

Interrogé sur la menace brandie par François Fillon de porter l'affaire en justice si aucun accord n'était trouvé, Jean-François Copé déclare : « Si François Fillon souhaite aller en justice, il sait que je lui présenterai de très nombreux arguments pour conforter les raisons de mon élection ». Avant d’ajouter : «Objectivement, ce serait la pire voie». Ambiance..

Siné : supplique pour un journal bête et méchant

C’est l’appel au secours d’un confrère, le journal satirique Sinémensuel, du dessinateur Siné. L’irrévérencieux caricaturiste lance un SOS pour sauver son journal, son «bébé» auquel il manque «5000 lecteurs». «Ca ne parait pas la mer à boire, mais même boire une simple tasse nous serait fatal», écrit-il de son lit d’hôpital, où il se bat contre un cancer. Sinémensuel, ne le volez pas, achetez-le !

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