Revue de presse Afrique

A la une de presse Afrique : qui a assassiné Lumumba ?

Audio 04:55

Publicité

La justice belge va enquêter sur l’assassinat de l’icône nationaliste congolaise. Et si la nouvelle, en Afrique même, n’est pas encore abondamment commentée dans la presse consultable ce matin sur Internet, au moins trois journaux congolais l’évoquent.

Digital Congo souligne ainsi que, plus d’un demi-siècle après la mort de Patrice Lumumba, « la famille de l’illustre disparu attend que justice soit faite ».

Le journal en ligne rappelle que ce 17 janvier 1961, Lumumba est « torturé dès son arrivée à Elisabethville (aujourd'hui Lubumbashi, chef-lieu du Katanga) et assassiné à 21h43, dans des circonstances restées obscures - bien qu'une commission parlementaire d'enquête belge ait évoqué en 2001 une responsabilité "morale" de la Belgique. L'implication de la CIA dans la mort de ce dirigeant africain soupçonné de flirter avec l'Union soviétique en pleine Guerre froide est aussi souvent évoquée », complète Digital Congo

Le Potentiel se souvient du discours, devant Baudouin, roi des Belges, le 30 juin 1960, jour de l’indépendance du Congo. Discours improvisé dans lequel le Premier ministre Patrice Emery Lumumba « avait dit des vérités qui auraient signé son arrêt de mort, croient savoir certains chercheurs », rappelle le quotidien. 

Dans le journal Congo Indépendant, Mbelu Babanya Kabudi estime que cet assassinat « fut une réponse négative à la main fraternelle tendue par l’Afrique de Lumumba à l’Occident. (…) Lumumba doit l’avoir appris à ses dépens en avouant que "un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple civilisé et chrétien"», lance-t-il.

La décision de la justice belge est également reprise par la presse en Belgique.

Témoin Le Vif, qui relève que le « fantôme de Lumumba hante encore la Belgique ». Le journal belge souligne que la plainte déposée en juin 2011 par la famille Lumumba vise une dizaine de Belges, dont huit sont encore en vie. Parmi eux, le journal cite trois noms.

Mali : Sanogo déchainé et Diango unchained

Au Mali, la presse ne se lasse pas d’évoquer le départ de Cheick Modibo Diarra. Et c’est toujours sur la personne du capitaine Sanogo que les commentaires vont bon train.

L'indicateur du Renouveau se demande ainsi « pourquoi le capitaine Sanogo peine à s’effacer de la transition quand bien même (…) il en a fait la promesse à maintes reprises ? Pourquoi lui qui s’est arraché un statut d’ancien chef d’Etat (que la Cédéao lui refuse d’ailleurs) n’est pas concerné par le devoir de réserve ? », se demande donc le journal. 

Très critique la veille au sujet du capitaine Sanogo, Le Combat a changé de ton. Car il estime que celui qu’il présente comme « l’Empereur » Sanogo (entendez « l’Empereur au-dessus du Président »), a devant lui un « boulevard » ouvert (… et qu’il) risque de ne plus se contenter de jouer les « marionnettistes de l’ombre ». Lui qui se comparait déjà au Général de Gaulle vient d’administrer la preuve qu’il a non seulement le sens de la stratégie et de la tactique, qui fait la force des grands généraux, mais aussi l’opportunité propre aux politiciens », magnifie Le Combat. 

Quant au journal L’Enquêteur, il se demande s’il ne faut pas hisser carrément le capitaine Sanogo au rang de « gardien de la Constitution du Mali ». Carrément ! Le journal, toutefois, s’en prend à souhaiter que l’homme fort de Bamako « ait la sagesse nécessaire pour ne pas abuser du pouvoir qu’il détient et qu’il se trompe le moins possible dans ses décisions qui, bien qu’étant souvent spectaculaires, sont pourtant le fidèle reflet de la réalité institutionnelle du Mali ». 

En tout cas, en neutralisant le Premier ministre Diarra pour ensuite le limoger, « les patrons de l’ex-junte ont, à nouveau, donné la preuve que la communauté internationale peut toujours courir. Les vrais maîtres au Mali, ce sont eux ! Personne d’autre », souligne Le Pays au Burkina Faso. En guise d’oraison à l’attention de Cheick Modibo Diarra, l’homme qui rêvait de « mettre son pays sur orbite », le journal ouagalais remarque que l’ancien directeur de l’étasunienne Nasa « aura appris à ses dépens qu’en politique, les Africains francophones ne sont pas toujours aussi disposés à faire la place à leurs compatriotes qui rentrent d’exil. Même s’ils ont fait leurs preuves en Occident ». 

Quant au dessinateur satirique Damien Glez, il remarque dans Slate Afrique que le nouveau premier ministre malien Diango Sissoko a un prénom digne d’un western spaghetti des années 70. Le caricaturiste a même retrouvé le titre de ce film, qui n’est autre que « Django arrive, préparez vos cercueils ! ». Raison pour laquelle Damien Glez se demande si Diango va reconquérir le nord de son pays « avec ou sans cercueils » !

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail