Chronique des matières premières

Le fret maritime n'est pas à la fête à l'approche de Noël

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Un vraquier de type Capesize amarré dans le port de Shanghai.
Un vraquier de type Capesize amarré dans le port de Shanghai. Getty Images/Bloomberg/Kevin Lee

Les tarifs du fret maritime sec, celui des céréales et des minerais, ont baissé de près de 20 % la semaine dernière. Une illustration du ralentissement du commerce mondial.

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Affréter un navire de 150 000 tonnes, un Capesize, pour transporter du blé ou du charbon, ne coûte plus que 8 000 dollars par jour, toutes routes maritimes confondues, et seulement 5 000 dollars à travers l'Atlantique. Par comparaison, il en coûtait 250 000 dollars au plus fort de la bulle des matières premières en juin 2008. C'est d'ailleurs ce qui avait incité les transporteurs maritimes à commander pléthore de navires. Mais depuis, non seulement la bulle du fret a éclaté fin 2008 lors de la crise financière, mais cette année, la Chine a ralenti ses importations, au moment où il n'y a jamais eu autant de navires disponibles. Les importations chinoises de minerai de fer ont en particulier chuté, or c'est un tiers du trafic maritime des Capesize, les vraquiers géants.

Cette baisse d'activité n'a pas été compensée par l'augmentation du commerce de ferraille, c'est-à-dire de déchets de métaux, toujours en progression en temps de crise. Par ailleurs, le volume de blé à transporter est inférieur cette année : il y a moins de blé russe et moins de blé américain à exporter, du fait des sécheresses qui ont amputé les récoltes. A l'approche des fêtes, le ralentissement du trafic s'accentue, et plus tôt que l'an dernier. Certains vraquiers cherchent désespérément une cargaison.

Seul le trafic pétrolier se réactive, en prévision des grands froids : le tarif de location d'un tanker de brut est au plus haut depuis la fin mai, celui de produits pétroliers, comme le fuel, au plus haut depuis le début de l'année. Mais la rentabilité n'est pas non plus au rendez-vous pour les propriétaires de tankers, étant donné le prix élevé du carburant, 40 % des frais de fonctionnement. Il faudra attendre le milieu de l'année prochaine pour voir se résorber un peu les surcapacités en navires, espèrent les courtiers maritimes. L'autre attente, c'est que le commerce des matières premières reprenne de la vigueur à destination des ports chinois. Ce qui doperait enfin le tarifs des vraquiers.

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