Chronique des matières premières

Embellie soudaine des prix du minerai de fer

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Un train transportant du minerai de fer arrive à Port Hedland, à l'ouest de l' Australie.
Un train transportant du minerai de fer arrive à Port Hedland, à l'ouest de l' Australie. Nachoman-au/wikimedia.org

L’envolée des prix du minerai de fer est spectaculaire, mais elle pourrait ne pas durer.

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En septembre dernier, le prix de la tonne de minerai de fer était à son plus bas, et ce depuis trois ans et demi (elle ne valait pas 80 dollars). Et la voilà qui caracole à plus de 153 dollars aujourd'hui. Une hausse de 80% !

Comme souvent, c'est la Chine qui est à l'origine de cette envolée des prix du métal, indispensable à la fabrication de l'acier. Les sidérurgistes chinois absorbent 60% du minerai de fer mondial et ils se ruent en ce moment sur la moindre cargaison. Il est vrai qu'à cette période de l'année, la Chine doit importer plus : elle transforme moins son propre minerai, les usines chinoises de concentration du fer tournant au ralenti en hiver ; la Chine importe aussi davantage pour ne pas subir de grave rupture d'approvisionnement au cas où les mines de fer en Australie et au Brésil seraient inondées, c'est le début de la saison des pluies dans ces deux pays. Mais la ruée actuelle dépasse le mouvement saisonnier habituel.

Les fabricants chinois d'acier, qui avaient subi des pertes financières énormes à partir de juillet dernier, avaient stoppé net leurs achats de minerai de fer ; aujourd'hui, ils sont en train de restocker dans l'urgence. Avec les bons chiffres de l'activité manufacturière chinoise, en décembre, la peur de voir les prix du fer grimper de jour en jour crée un mouvement panique d'achats. Or les prix du minerai de fer ne sont plus encadrés désormais; les contrats annuels de la Chine avec les grands groupes miniers, c'est fini.  Ce sont les prix au comptant (les achats spots) qui règnent en maîtres, d'où cette énorme volatilité.

Cet hiver, les gagnants sont donc les groupes miniers, dont les actions flambent. L'Australien Fortescue, troisième exportateur mondial de minerai de fer, se dit même prêt à étendre largement ses capacités d'extraction en 2013. En revanche, son concurrent Rio Tinto, numéro deux du fer, derrière le Brésilien Vale, est beaucoup plus prudent. Comme d'autres analystes, qui estiment que le Nouvel An chinois marquera la fin de cette embellie soudaine des prix du fer.

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