Chronique des matières premières

La santé animale de plus en plus cruciale pour la sécurité alimentaire

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Bovins infectés par la fièvre aphteuse et séparés des autres animaux de l'exploitation, Vientiane (Laos).
Bovins infectés par la fièvre aphteuse et séparés des autres animaux de l'exploitation, Vientiane (Laos). OIE

L'élevage s'intensifie, le commerce du bétail s'accroît. Mais une menace grandit : celle des maladies animales.

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La consommation de viande, de produits laitiers et d'œufs va globalement progresser de 50% dans les quinze ans qui viennent, en premier lieu dans les pays en développement. Le commerce du bétail va continuer de se développer. L'élevage va aussi fatalement s'intensifier aux quatre coins de la planète.

Mais cela occasionnera des pertes, liées aux maladies animales. A ce jour, les maladies du bétail causeraient déjà la disparition de plus 20% des productions animales. En cause, des épizooties comme la grippe aviaire, qui a pu provoquer la mort ou l'abattage de milliards de volatiles, mais aussi de la fièvre aphteuse, très contagieuse chez les bovins ; ou alors des maladies liées à l'élevage intensif lui-même, à savoir les microbes et les parasites qui font chuter la production de lait, ou qui empêchent la croissance des poulets de chair ou des poules pondeuses.

L'intensification des échanges accélère aussi la transmission des virus et des bactéries, y compris de l'animal à l'homme, et le réchauffement climatique fait bouger par exemple les insectes vecteurs. Bref, il est de plus en plus urgent, aux yeux de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de renforcer la lutte sanitaire au niveau international. Même l'Union européenne, pourtant parmi les plus tatillonnes aux frontières, doit accentuer sa vigilance sur son propre territoire, on l'a vu avec l'apparition du nouveau virus de Schmallenberg dans un troupeau de vaches laitières en Allemagne, qui s'est étendu ensuite à tout le continent.

L'aide internationale est de plus en plus indispensable. Elle a permis, l'an dernier, la création d'une banque de vaccins contre la peste des petits ruminants, endémique depuis des décennies en Afrique, mais qu'on a fini par retrouver en Chine il y a cinq ans ! En 2013, l'Organisation mondiale de la santé animale mettra l'accent sur les antibiotiques, qui comme pour les humains, occasionnent lorsqu'ils sont mal administrés des résistances aux bactéries tueuses du bétail, elles-mêmes de plus en plus voyageuses. D'où l'urgence d'une véritable formation agricole et vétérinaire sur tous les continents.

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