Revue de presse française

A la Une:France-Allemagne, un mariage de raison plus que de passion

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De Gaulle et Adenauer signaient il y 50 ans jours pour jours ce fameux traité de l’Elysée qui instaurait des liens de coopération et d’amitié entre les deux nations. Et ils sont à la Une du Monde, les deux grands hommes, croqués par le dessinateur de la Süddeutsche Zeitung, le grand quotidien de Munich, avec qui Le Monde s’est associé pour l’occasion. De Gaulle et Adenauer, donc, tels deux statues de commandeur et en dessous, en tout petit, les silhouettes rondouillardes de Hollande et Merkel, comme écrasés par leurs illustres aînés…

« 50 ans après, France-Allemagne unies malgré tout », titre le quotidien du soir. Tout est dans le «malgré tout»… Car pour Le Monde, en 2013, « la relation politique au plus haut niveau entre les deux nations est médiocre. La France, déclassée économiquement par rapport à son voisin, a moins de force d'entraînement. Et l’Allemagne a développé un modèle qui fait son succès mais n’assure pas la stabilité du continent à long terme.» Bref, s’exclame Le Monde, il faut «retrouver l’élan de 1963 ».

Pour autant, L’Allemagne est loin d’être un modèle économique, estime L’Humanité : « près de huit millions de salariés allemands ne disposent que de 270 euros par mois. (…) Des systèmes sanitaires, de protection sociale, de retraite qui eurent leurs qualités, aujourd’hui sinistrés. (…) Et c’est sur cette pente que la France, après avoir chassé Nicolas Sarkozy, devrait s’engager à son tour ? », s’interroge le quotidien communiste.
«Paris-Berlin : un couple sans passion», relève Libération.

« Ce qui manque à la relation franco-allemande, c’est la flamme et le souffle, estiment Les Echos. La France et l’Allemagne ont besoin de dire à leurs opinions quel est le 'but' poursuivi, pour leur couple, mais aussi pour l’Europe entière. »

Enfin, pour Sud Ouest, il y a comme un dialogue de sourds : «entre Berlin qui s’arcboute sur la rigueur et Paris qui défend les acquis sociaux, entre la fourmi allemande qui épargne et qui exporte et la cigale française qui dépense et craint la mondialisation, l’incompréhension gagne. Et ce n’est pas le Mali, où l’Allemagne nous laisse en plan, qui va améliorer l’ambiance. Il serait temps pourtant, estime Sud Ouest, que la France et l’Allemagne se retrouvent pour porter à nouveau la seule ambition qui vaille : l’idée européenne.»

Le temps nécessaire…

A la Une également, le Mali… « La France se prépare à une longue guerre » : c’est le grand titre du Figaro. « L’avancée progressive des troupes s’effectue en soutien d’une armée malienne encore peu organisée, mais qui, d’ici à plusieurs mois, devra devenir opérationnelle », relève le journal. C’est pourquoi, poursuit le journal, « les buts de guerre français méritent d’être précisés. Pour s’assurer le soutien de l’opinion, François Hollande ne doit pas donner l’impression que l’opération Serval tourne à l’aventure improvisée et solitaire. (…) Bientôt, près de 3.000 de nos soldats seront déployés sur place. Dans quelques mois, la saison des pluies pourrait considérablement compliquer leur mission. Il est donc légitime de savoir où va la France au Mali. »

De son côté, Libération rappelle que « Paris affirme que son armée restera 'le temps nécessaire' pour atteindre deux objectifs majeurs : affaiblir durablement les groupes jihadistes enkystés dans le nord du Mali et aider le pouvoir de Bamako à restaurer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire. Autrement dit, aucune date butoir n’est fixée pour l’opération Serval. (…) 'Nous sommes là pour longtemps', reconnaît un haut responsable à Paris, cité par Libération, qui dit aussi ne pas sous-estimer le risque d’enlisement. »

Et puis ce reportage de l’envoyé spécial du Parisien à Diabaly, « libérée du joug des islamistes. A l’ombre d’un manguier, dans la cour d’une modeste maison aux murs de paille et de boue séchée des faubourgs sud de Diabali, un enfant joue, à portée de main d’une caisse de grenades. Mais aussi d’une rangée de missiles, d’un lot de chargeurs de fusil-mitrailleur et d’une ribambelle de munitions de tous calibres. Les jihadistes qui ont envahi cette ville symbole du conflit malien lundi dernier à l’aube sont partis en hâte, jeudi soir, et ils ont laissé derrière eux des souvenirs explicites.»

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