Revue de presse Afrique

A la Une : objectif Kidal…

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Après Gao, après Tombouctou, l’armée malienne et ses alliés français et africains ont désormais en ligne de mire la ville de l’Adrar des Ifoghas. En effet, comme le souligne Le Républicain à Bamako, « les extrémistes ont fui pour regagner Kidal où se trouverait le leader d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghali. Ils y regagneront sans doute les montagnes de Tegharghare, attendant pour livrer leur ultime combat. Pour de nombreux observateurs, c’est une phase difficile et décisive qui est arrivée, souligne le quotidien malien. Il s’agit de la reconquête de ces sanctuaires montagneux qui ont toujours été le refuge des combattants touaregs quand ils sont poussés dans leurs derniers retranchements. Ici ils seront très difficiles à déloger. » Et Le Républicain de s’interroger : « quelle conjugaison les forces françaises, la Misma et les forces tchadiennes vont-elles mettre en œuvre pour accomplir leur mission, achever la reconquête du nord Mali par la bataille de Tegharghare ? Combien de temps prendra-t-elle ? »

D’après L’Indicateur du Renouveau, autre journal malien, la prise de Kidal en elle-même pourrait se faire rapidement, car, affirme le journal, les chefs traditionnels seraient en train « de négocier la reddition de la ville. »

C’est le MNLA qui contrôlerait désormais Kidal… Le MIA, nouveau groupe, issu d’une scission avec le groupe islamiste armé Ansar Dine, revendique également le contrôle de la ville.

Mais pour la presse bamakoise, MNLA ou MIA, c’est bonnet blanc et blanc bonnet…

« Opportunisme, irresponsabilité, inconstance et versatilité : le MNLA, est un vrai caméléon ! dénonce L’Indicateur Renouveau. Le MNLA aurait encore changé de position au gré de la direction du vent. Il serait revenu à ses premiers amours une fois de plus en se fondant dans ce qui reste d’Ansar Dine. Objectif : tenter de tromper la vigilance d’observateurs naïfs en faisant croire qu’il a “pris Kidal” y chassant ainsi les jihadistes. Quelle inconstance de la part d’un mouvement qui démontre encore une fois son manque de sérieux. »

La Nouvelle Patrie hausse le ton : « cassure, implosion ou dissidence, le Mali, notre pays, n’en a rien à cirer. Désormais, nous voulons notre pays entier, totalement débarrassé des quenottes de la pègre salafiste. Nous ne négocierons plus avec qui que ce soit sur quoi que ce soit. Ceux qui ont brandi les armes pour nous conduire dans cette galère, paieront. »

Où sont-ils passés ?

Pour sa part, la presse de la sous-région s’interroge : où se cachent les jihadistes ? « Depuis la prise de Konna par l’armée malienne et alliées, les jihadistes ne font que fuir les villes qu’ils occupaient, relèveLe Pays au Burkina. Même dans les grandes villes comme Gao où ils avaient une importante base, ils n’ont pas opposé de résistance aux soldats français et maliens. Les libérateurs, comme les appellent les populations, avancent la fleur au fusil. En tout cas, ils conquièrent les villes sans coup férir. » Et Le Pays de s’interroger : « pourquoi ces jihadistes qui fanfaronnaient ont-ils opté de prendre leurs jambes à leur cou ? Et où se cache-t-elle, cette vermine ? (…) Vont-ils se fondre dans la population nordique ou vont-ils se réfugier dans des grottes ? En tout cas, estime le quotidien burkinabè, tant que ces jihadistes ne seront pas débusqués et mis hors d’état de nuire, il faut bien craindre des actes de représailles dans le septentrion malien et même dans d’autres zones du pays. »

Inquiétude relayée par L’Observateur Paalga : « qui sait si les barbus n’ont pas reculé pour mieux sauter ou s’ils préparent une autre forme de guerre, non conventionnelle. Il faut redouter qu’il y ait des abcès difficiles à gérer. »

Où est l’Afrique du Nord ?

Enfin un mot de la CAN avec les quarts de finale qui se précisent… « Ghana - Cap-Vert, Afrique du Sud - Mali, premiers quarts de finale », s’exclame Le Soleil à Dakar. Le Soleil qui note la grande absence, ce niveau de la compétition, de l’Afrique du Nord… « Une CAN sans l’Egypte, c’était la première surprise de cette compétition. D’autant que les détenteurs du record, avec 7 titres à leur palmarès, étaient déjà absents lors de la précédente édition au Gabon et en Guinée équatoriale. En plus de cette absence de l’ogre du Nord, le Maroc et l’Algérie, les autres représentants de cette partie de l’Afrique, sont passés à côté de la plaque, relève le quotidien sénégalais. Eliminés dès le premier tour, les Algériens et les Marocains ont été les grandes déceptions de cette édition. En particulier, l’Algérie, deuxième meilleure équipe africaine au classement Fifa depuis quelques temps et qui rentre avec un zéro pointé. »

En tout cas, « merci les Verts ! », s’exclame malgré tout Liberté. Le quotidien algérien ne s’en prend pas aux joueurs mais aux dirigeants du pays… « Pour ceux qui voulaient se servir de l’aventure africaine des Verts pour faire oublier aux Algériens leur triste réalité et l’impasse à laquelle ils vouent le pays, c’est raté, relève Liberté : cette fois-ci, le football ne sera pas cet “opium des peuples” des temps modernes dont ils auraient voulu user pour anesthésier le pays et plonger sa jeunesse dans une euphorie sans lendemain. Non, pas cette fois-ci. Les charlatans de l’amnésie en auront eu pour leurs… amulettes politiques et même le “message d’encouragement” adressé aux Verts par le président de la République n’y aura rien pu. »

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