Aujourd'hui l'économie

L’euphorie de la Bourse américaine, une flambée avant le déluge ?

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La semaine dernière, la Bourse américaine a retrouvé son plus haut niveau depuis octobre 2007.
La semaine dernière, la Bourse américaine a retrouvé son plus haut niveau depuis octobre 2007. (Photo : Reuters)

La Bourse a fait des étincelles la semaine dernière à Wall Street. Le Dow Jones, l'indice phare des valeurs américaines, a terminé la semaine au-dessus des 14 000 points, une hauteur qui donne le tournis aux analystes.

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La Bourse américaine a retrouvé la semaine dernière son plus haut niveau depuis octobre 2007 et elle a entraîné dans son sillage les autres places financières. Les cinq ans de crise semblent comme effacés, le tsunami financier totalement oublié.

C'est vrai que les Américains ont de bonnes raisons de renouer avec leur optimisme foncier. Leurs entreprises se sont désendettées, le chômage a commencé à reculer en septembre, et un peu partout dans le pays, les usines mettent le turbo pour honorer les commandes. Dans le reste du monde, la température des affaires remonte, la Chine continue à son rythme effréné, le Japon s'engage dans des grands travaux qui doivent doper la croissance et surtout la crise de la dette s'est apaisée dans la zone euro.

Soulagés, presque insouciants, les investisseurs reviennent en courant sur les marchés d'actions, car quand la confiance est là, les actions sont beaucoup plus rentables que les bons du trésor des Etats fort mal rémunérés. En janvier, plus de 20 milliards de dollars ont été déversés sur Wall Street. Un chiffre à comparer avec les 40 milliards qui avaient inondé la Bourse américaine en janvier 2000, avant l'éclatement de la bulle internet.
 
Un nouveau phénomène de bulle ?

« Les arbres ne grimpent pas indéfiniment au ciel », ont coutume de rappeler les vieux briscards de la Bourse, autant dire que toute accélération de la hausse porte un risque de baisse encore plus rapide. Un risque d'autant plus fort que l'engouement actuel pour la Bourse ne fait pas que refléter la réalité économique, il découle, il se nourrit, d'une donnée financière assez artificielle. Avec les programmes de rachat d'obligations menés par la Fed ainsi que par d'autres banques centrales, les liquidités forment des océans qui voguent sur les places financières à la recherche du meilleur rendement. C'est surtout cet afflux de liquidités qui enivre les Bourses en ce moment.

C'est pourquoi, les signes négatifs laissent les marchés indifférents. Par exemple, le ralentissement de la croissance américaine au quatrième trimestre annoncé la semaine dernière a été complètement ignoré par les marchés. Autre exemple : la petite hausse du chômage annoncée vendredi a, contre toute attente, dopé les échanges. Car comme la Fed a annoncé qu'elle maintiendrait des taux bas tant que le marché de l'emploi n'aura pas retrouvé une meilleure santé, les investisseurs en ont déduit qu'ils pouvaient compter sur de l'argent facile tant que le chômage sévira.

Les places financières risquent donc la surchauffe ?

Le risque varie en fonction des fondamentaux. Les Etats-Unis ont vraiment retrouvé un certain dynamisme qui alimente l'euphorie boursière. En revanche dans la zone euro, l'exubérance des places boursières du mois de janvier est plus suspecte. L'Europe, cette année, sera en récession, selon le FMI. Le chômage est presque partout en hausse et surtout le feu n'est pas complètement éteint dans la zone euro, Chypre est toujours au bord de la faillite.

 

De vrais représentants syndicaux en Chine, grâce à Foxconn

D'après le Financial Times, l'entreprise basée à Taiwan envisage d'organiser des élections à bulletins secrets dans toutes ses usines, y compris donc dans les ateliers de Chine continentale où l'on fabrique les iPhone. Ce serait une première et une brèche dans le droit social de la République populaire de Chine où la représentation syndicale est pour le moment une coquille vide. Foxconn emploie 1,2 million de personnes en Chine.

Londres et Berlin mettent en garde leurs banquiers. S'ils n'appliquent pas la future loi de séparation des activités bancaires, ils pourraient avoir de fâcheux ennuis

Au Royaume-Uni, le ministre britannique des Finances menace de séparer d'autorité les activités de détail et d'investissement des banques qui ne respecteraient pas le texte à venir. Tandis qu'en Allemagne le gouvernement envisage des peines de prison pour les banquiers prenant des risques inconsidérés. Ces discours volontaristes et contraignants contrastent avec la faiblesse des réformes proposées dans ces deux pays. L'avenir dira si ces voeux pieux se concrétisent.

 

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