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Chronique des matières premières

Tension entre les éleveurs et les volaillers en France après la chute des aides européennes à l'export

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Les réductions successives, décidées par l’UE, de l’aide aux exportations de volaille mettent les éleveurs français en difficulté.
Les réductions successives, décidées par l’UE, de l’aide aux exportations de volaille mettent les éleveurs français en difficulté. REUTERS

La Commission de Bruxelles a brutalement baissé les aides à l'exportation de poulets congelés. Au plus mauvais moment pour la filière française. Aujourd'hui, un conflit pourrait éclater entre les éleveurs de volaille et les abattoirs.

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Les éleveurs de volaille et en particulier les éleveurs bretons, dans l'ouest de la France, sont très remontés. Les abattoirs pourraient leur présenter cette semaine des factures en baisse de 40 à 50 euros par tonne de volaille. Pour certains éleveurs, cela signifiera un revenu négatif, étant donné leurs frais d'aliment du bétail, d'énergie et de main-d’œuvre. Inacceptable, disent-ils.

La cause de cette baisse de rémunération des volaillers aux éleveurs ? La division par trois des aides européennes aux exportations de volaille (les restitutions) depuis l'automne (de 325 euros elles sont passées à 108 euros la tonne aujourd'hui). La première baisse de ces subventions est intervenue en octobre et elle a été surmontée : les prix du poulet congelé, principalement destiné à la clientèle aisée des pays du Golfe, étaient élevés (environ 2 000 euros la tonne). Mais la dernière baisse des subventions décidée il y a quinze jours tombe au pire moment, alors que le Brésil augmente brutalement ses volumes de production. Le poulet brésilien (environ 1 300 euros la tonne) inonde déjà le marché asiatique, il va devoir répondre de plus en plus aux besoins des Brésiliens eux-mêmes, mais en attendant, il pourrait évincer le poulet français du Moyen-Orient.

La filière française est consciente qu'elle devra se passer des subventions à l'exportation d'ici quelques années, mais elle ne comprend pas pourquoi Bruxelles la prive aussi brutalement de ce soutien : il ne représente que 0,2% du budget agricole européen, sans commune mesure avec l'importance du secteur dans l'économie française et l'emploi (1 000 éleveurs, 5 000 emplois dans les abattoirs en France). La filière est en pleine réflexion pour se moderniser, six mois après la mise en liquidation judiciaire du groupe volailler Doux.

Ce que ne vendront pas les volaillers français dans les pays du Golfe va se retrouver sur le marché français, où la concurrence est déjà rude avec le poulet allemand ; les prix pourraient donc encore baisser, un nouveau coup pour les producteurs. La filière française de la volaille, pionnière à l'export au Moyen-Orient il y a 50 ans, va-t-elle finir par s'effondrer alors que ses usines tournent à plein régime et que le marché mondial de la volaille n'a jamais été aussi prometteur ?

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