Revue de presse Afrique

A la Une : retour sur la visite de François Hollande au Mali

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Avec une presse malienne enthousiaste ce lundi… «Le général Hollande au bord du fleuve Niger», s’exclame Le Républicain . «Au pas de charge. Mais quelle émotion ! Et quelle intensité !» Surtout à Tombouctou, relève le quotidien bamakois : «Tombouctou où l’hystérie des foules reconnaissantes émeut le président français et arrache une larme à son ministre de la Défense devant un président malien dépassé mais aux anges. Le contact avec les foules a tout du cauchemar sécuritaire, surtout dans une ville qui était, juste quelques jours avant, la capitale de l’Aqmistan. Mais les Tombouctiens sont déchaînés, constate Le Républicain. Jamais la France n’a été autant africaine

Dithyrambique également L’Indépendant , avec ce titre : «François 1er, empereur du Mali. (…) Tout comme Moïse chez pharaon, Dieu nous a envoyé un libérateur appelé François Hollande. (…) Ce digne héritier des Gaulois et des conquistadors. Comme César, il est venu, il a vu et il a vaincu les terroristes, les jihadistes, les preneurs d’otages, les narcotrafiquants et les violeurs.»

Plus pragmatique, L’Indicateur du Renouveau , autre journal malien, estime que cette visite du président français aura surtout servi à «asseoir l’autorité du président par intérim Dioncounda Traoré. (…) Dioncounda Traoré qui s’est également adressé directement aux Maliens, pour leur demander de mettre de côté toute rancœur, relève L’Indicateur du Renouveau. 'Il n’y aura pas de représailles', a promis le chef de l’Etat malien avant d’annoncer qu’au moment venu, le peuple malien dans toutes ses sensibilités tiendra un dialogue national en vue de dégager de meilleures perspectives.»

Ingérence et souveraineté…

La presse de la sous-région salue également dans son ensemble cette visite de François Hollande. Pour Le Pays  au Burkina, « les larmes de joie des populations maliennes, notamment bamakoises, témoignent, en toute sincérité, d’une reconnaissance de toute une Nation, hier humiliée, envers la France. La réactivité politique, et surtout militaire de Paris, a permis, au bout de trois semaines d’une guerre éclair au Mali, de retrouver son honneur.»

«Hollande au Mali : cure de jouvence au bord du Djoliba », s’exclame pour sa part L’Observateur Paalga, toujours au Burkina. L’Observateur pour qui il faut maintenant « éviter l’enlisement, et c’est l’une des principales préoccupations de Hollande », relève le journal. « Il était opportun que le locataire de l’Elysée vienne constater de visu la réalité du terrain et se prépare à refiler le brûlant dossier malien à l’ONU. » Et L’Observateur Paalga de s’interroger : « cette structure en gestation sera prête pour quand ? L’ingérence française ira jusqu’où ? Quel avenir pour le Mali de l’après-guerre ? »

En Côte d’Ivoire, Fraternité Matin s’interroge également, mais cette fois, à propos de la souveraineté des pays du continent. «Le spectre de l’islamisation forcée s’est, pour le moment, dissous dans les sables du désert malien, constate Frat’ Mat’. La guerre n’est pas pour autant terminée. Mais, en attendant, on dit merci qui ? Merci la France. Cette histoire nous amène, encore une fois, à nous interroger sur le contenu de notre souveraineté, relève donc le quotidien ivoirien, cette chère souveraineté dans laquelle nous aimons nous draper.»

Mais, «où est la souveraineté, s’interroge Fraternité Matin, lorsque nous ne sommes pas capables d’empêcher des obscurantistes sortis du VIIe siècle de pénétrer sur notre territoire, de couper les pieds et les mains de nos concitoyens, de les lapider à mort, de détruire nos monuments ? (…) Nous avons vu nos armées face à des rébellions en Côte d’Ivoire, en RDC, en République Centrafricaine, au Mali. À chaque fois, déplore le quotidien abidjanais, nous sommes obligés de nous en remettre à ceux que nous agonisons d’injures, dès lors que nous sommes rassasiés, à savoir la France en particulier, et les pays occidentaux en général. (…) A ce jour, relève encore Fraternité Matin, nous n’avons pas encore fini de déployer (au Mali) toutes les forces que nous avons promises. Pourquoi se précipiter pour aller se faire tuer lorsque la France fait si bien le travail ? (…) Vous avez dit souveraineté ?»

Néocolonialisme ?

Enfin, cette analyse du quotidien béninois La Nouvelle Tribune pour qui Hollande est en fait «le nouvel homme fort de Bamako. (…) Au Mali, l’on a célébré non seulement le héros du moment, François Hollande, mais aussi la domination et le paternalisme de la France vis-à-vis de ses ex-colonies, affirme le journal béninois. (…) La liesse à Sévaré, Tombouctou et Bamako montre que ces populations ont toujours gardé l’image de la France sauveur et gendarme de l’Afrique'.» Et La Nouvelle Tribune de conclure : « les réseaux mafieux, les intermédiaires et les officines, les côtés pervers de la Françafrique, vont peut-être disparaitre. Mais le néocolonialisme empreint de paternalisme de la part de la France, qui se fera toujours passer pour le gendarme de l’Afrique, ne cessera pas demain. Hollande, chantre d’une Françafrique nouvelle version vient d’en donner la preuve.»

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