Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une : un vendredi à hauts risques en Tunisie

Audio 04:47

Publicité

Sous la protection de l’armée dans le sud de la capitale Tunis, c’est le jour des funérailles de l’opposant assassiné Chokri Belaïd, Le principal syndicat tunisien a lancé un mot d’ordre de grève générale. Et comme les islamistes au pouvoir en Tunisie ont rejeté la formation d'un gouvernement de technocrates souhaitée par le Premier ministre Hamadi Jebali, il est en effet à craindre que ce vendredi, jour de prière, soit en effet une journée de tous les périls en Tunisie.

Hier soir déjà, le journal Tunis Tribune évoquait ainsi une « veillée d’armes ».

Et ce matin, le journal tunisien Le Temps met en garde. « S’accrocher aux détails d’un assassinat dans les règles est (…) puéril. Se limiter aux condamnations « molles » et trop bien orchestrées est simplement inutile parce que hypocrite, énonce Le Temps. Le peuple, cette fois, ne cédera pas », martèle Le Temps à Tunis.

En Algérie voisine, la presse s’inquiète. « C’est l’avenir de la Tunisie qui est aujourd’hui en jeu, lance ainsi El Watan (…) Les Tunisiens doivent (…) se servir du meurtre de Chokri Belaïd comme un déclic pour amorcer un sursaut patriotique. Comme en Algérie, la peur devrait vite changer de camp, faute de quoi, la « révolution du Jasmin  » sentira l’odeur de la mort… Et pour longtemps peut-être », avertit le quotidien algérien.

Tunisie : en pleine tempête

Ce vendredi, qui préoccupe de nombreux journaux d’Afrique de l’ouest, est d’autant plus crispant que, sur le plan politique, l’impasse demeure totale.

Guinée Conakry Info dépeint ainsi le premier ministre Hamadi Jebali comme « pris en tenaille » entre son engagement de nommer un nouveau gouvernement de technocrates pour tenter de juguler la crise et la « résistance farouche des durs de sa formation politique ». Cette résistance de la part de certains membres du parti Ennahda, pourrait être interprétée comme « l’ultime affront pour les révolutionnaires tunisiens », énonce le site guinéen d’informations en ligne. Ce qui en rajoute au « climat de tension de la journée de ce vendredi », estime Guinée Conakry Info.

D’autant, rehausse L’Observateur Paalga au Burkina-Faso, que « pour retrouver la confiance d'une bonne frange de la population tunisienne (…) il faudra faire plus et mieux qu'un banal exercice de saupoudrage politique ». Selon le quotidien ouagalais, la seule solution consisterait pour le pouvoir tunisien à « ouvrir des pourparlers francs avec une opposition (…) qui a une certaine aura populaire, qu'elle est en mesure de capitaliser à tout moment ».

Mali : la guerre de Troie n’aura pas lieu

Au Mali, il y a quatre semaines, commençait l’intervention militaire française. Le 11 janvier dernier débutait en effet l’opération Serval. Et aujourd’hui, son donneur d’ordre François Hollande a le « triomphe modeste », constate Le Républicain à Bamako. Sagesse du chef de l’Etat que le quotidien bamakois apprécie. Car le capital-confiance dont bénéficie le président français au Mali « n’est pas inépuisable. Il sera à l’épreuve (…) de la transition entre le retrait français et la relève par les forces internationales, notamment onusiennes. En un mot, il est attendu de Hollande (que Le Républicain baptise « le Malien le plus méritant de l’heure »), de choisir entre l’engrenage du sécuritaire et la lisibilité du diplomate. »

Cette amorce de réserve du Républicain est largement partagée ce matin par la presse de Bamako, qui n’a pas de mots assez durs contre le MNLA, le Mouvement touareg de libération de l’Azawad.

Ce sentiment, L’Indicateur du Renouveau le résume en termes crus. « Les Maliens ne sont pas pour un dialogue avec le MNLA, considéré comme le cheval de Troie de ce drame qui s’est déroulé au nord de notre pays », formule le journal.

Voilà pourquoi, estime le journal Le 22 Septembre, quatre semaines après le début de l’opération Serval, « le temps de la désillusion a (…) sonné ». Car, ajoute le quotidien, « Paris ne fera pas ce que les Maliens veulent: combattre le MNLA. Au contraire, il le soutiendra, il l’imposera comme interlocuteur incontournable. »

« Il est temps de hausser le ton. Car (…) le libérateur Français peut avoir des reflexes néocolonialistes », rehausse Waati, qui accuse la France d’avoir « remis en selle » le MNLA. Lequel, fulmine le journal, « dicte sa loi et ne veut pas de la présence de notre armée. Le Mali, Un et Indivisible est vraiment divisé aujourd’hui, même si les autorités politiques et militaires ne veulent pas l’entendre de leurs oreilles », s’insurge Waati.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.