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Revue de presse Afrique

A la Une : la vidéo des otages français au Nigeria

Audio 04:52

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Cette fois, « il n’y a plus de doute sur les ravisseurs des sept français enlevés le 19 février à Dabanga dans la région de l’extrême-nord du Cameroun, relève le quotidien Mutations. Dans une vidéo postée hier, lundi 25 février, sur internet, des hommes se présentant comme des membres du groupe islamiste nigérian Boko Haram ont revendiqué la prise des Français ».

« La vidéo de l’aveu », s’exclame L’Observateur Paalga au Burkina. « Le petit doute qui subsistait est levé depuis hier lundi. C’est toujours le même mode opératoire, relève le quotidien burkinabè : la preuve est venue sous la forme d’une vidéo diffusée sur le site YouTube (…). Une partie du mystère est levée, même si l’enregistrement ne donne pas suffisamment d’éléments permettant de localiser les otages. Evidemment. On y voit juste la famille Moulin-Fournier encadrée par deux combattants en treillis, armes au poing, le visage masqué par des chèches. Au début de la vidéo, Tanguy, le père, qui se tient aux côtés de sa femme voilée de noir, de son frère et de ses quatre enfants, lit une déclaration en français avant qu’un homme en treillis, assis, le visage masqué, ne présente en arabe les revendications des kidnappeurs. (…) En l’espèce, précise L’Observateur Paalga, la contrepartie réclamée par les preneurs d’otages n’est autre que la libération de certaines 'femmes' proches de leur mouvance, qui ont été arrêtées au Nigeria, et de 'compagnons' appréhendés au Cameroun. Ils menacent d’exécuter les otages si leurs revendications ne sont pas satisfaites. (…) On peut, d’ores et déjà, imaginer, relève le quotidien burkinabè, la pression amicale de Paris sur Yaoundé et Abuja pour un aboutissement heureux de cette affaire. Et ce n’est certainement pas un pur hasard ou un simple détail protocolaire si le dossier a quitté le Quai d’Orsay pour être désormais géré directement par l’Elysée ».

En tout cas, conclut le quotidien ouagalais, « ces illuminés pourraient faire un premier geste en libérant les quatre enfants (…). Allah, dans toute sa miséricorde, n’a quand même pas prescrit de martyriser de pauvres gamins innocents qui ne sont en rien concernés par les turpitudes des grands ! »

La plus délicate ?

En France, beaucoup de réactions dans les journaux bien sûr… Nous y reviendrons en détails dans la revue de presse française. Citons juste ce commentaire du Journal de la Haute-Marne : « pour le gouvernement, c’est sans doute l’affaire la plus délicate qu’il ait à régler depuis qu’il est au pouvoir. Tôt ou tard, il y aura des contacts, si ce n’est déjà fait. Officiellement, la France ne paie pas de rançon. Mais jusqu’à présent, elle n’a jamais eu à négocier la libération d’une famille entière. Or, relève Le Journal de la Haute-Marne, on imagine aisément que les capacités d’endurance d’un enfant en milieu hostile - notamment sur le plan psychologique - ne sont pas celles d’un adulte. Une donnée que ne manqueront pas d’utiliser les ravisseurs pour faire pression sur les autorités françaises ».

Haro sur le MNLA

Dans la presse du continent, également, les critiques se poursuivent contre le MNLA. Et s’intensifient même après la découverte d’un document confidentiel retrouvé à Tombouctou par les envoyés spéciaux de RFI et du quotidien Libération. Un document rédigé semble-t-il par Abdel Malek Droukdel, le chef d’Aqmi, qui est une véritable feuille de route pour les islamistes. Ce document décrit notamment comment Aqmi comptait instrumentaliser le MNLA en lui attribuant des postes ministériels.

Pour la presse malienne, il s’agit là d’une preuve de plus de la complicité des touaregs du MNLA avec les islamistes. « La preuve par Droukdel », s’exclame ainsi Le Républicain. « Où finissait donc le projet de jihad et où commençait le blanchiment dans une odyssée où les faux nez cohabitent avec les vases communicants ? Droudkel y répond indirectement en plaidant pour l’intronisation de Iyad Ag Ghali (le chef touareg d’Ansar Dine) comme proconsul d’un Azawad qui aurait puisé sa force dans la cogestion avec le MNLA ».

Pour le quotidien Le Pays au Burkina, « le MNLA a visiblement joué un double jeu. Montrer sa disponibilité pour la négociation tout en étant de mèche avec la pire des racailles, peut-être pour gagner du temps et se renforcer. C’est ce que l’on peut percevoir de l’attitude de ce groupe rebelle. Une sorte de loup déguisé en agneau. Le président de la transition malienne, Dioncounda Traoré, n’avait probablement pas tout faux quand il estimait que le MNLA trompait le médiateur et que ce dernier se trompait sur ce mouvement ».

Enfin, Le Prétoire au Mali dénonce la bienveillance, voire la complicité, selon lui, des autorités françaises envers le MNLA. « Il n’est plus un secret pour personne que la France de Sarkozy avait voulu faire des indépendantistes leur cheval de bataille contre les groupes terroristes qui détiennent des otages français dans le Sahel malien, affirme le journal malien. (…) Et le nouveau président français, François Hollande, poursuit Le Prétoire, a également succombé au charme du puissant lobby touareg en Occident. (…) Une autre preuve vient d’en être donnée, avant-hier, lorsque l’armée française a bombardé la colonne des assaillants qui avait mis à mal les indépendantistes à In Khalil. Preuve, conclut le journal bamakois, que le MNLA, qui ne s’en cache pas, d’ailleurs, est sous la protection de la France. Et peut continuer à narguer les populations du nord et à défier l’armée malienne ».

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