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Aujourd'hui l'économie

La crise fait réapparaître les projets de scop

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Le projet de scop intéresse les salariés de Goodyear.
Le projet de scop intéresse les salariés de Goodyear. REUTERS/Pascal Rossignol

En France, les scop, les sociétés coopératives ont le vent en poupe. Avec la crise, c'est devenu la planche de salut pour les salariés des entreprises en difficulté.

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La scop, ou société coopérative, c'est un peu le rêve du mouvement ouvrier français du XIXe siècle devenu réalité au XXe. L'entreprise appartient aux salariés, ils détiennent la majorité du capital et à ce titre, participent à la gestion de l'entreprise et au partage des bénéfices. Chaque fois que la crise économique frappe, cette forme d'organisation connaît un regain d'intérêt. Depuis 2008, leur nombre a augmenté de 9% en France.

Parmi les exemples les plus récents d'entreprise en difficulté caressant un projet d'avenir en forme de scop, on retiendra ceux de Goodyear et de Fralib. Ces initiatives ne sont pas toujours faciles à mener jusqu'au bout. Dans le cas du fabricant de pneus, la CGC le syndicat des cadres, trouve la solution prônée par la CGT irréaliste au regard de tous les investissements nécessaires pour maintenir l'entreprise à flot. Le projet des Fralib, qui produisaient les thés pour la marque Eléphant, se heurte lui à l'intransigeance du groupe qui refuse pour le moment de céder la marque.

L'année dernière, les anciens salariés de Seafrance ont réussi à sauver 500 emplois en transformant la compagnie de ferries en société coopérative, un plan qui a été réalisé avec la bienveillance des pouvoirs publics pressés de trouver une solution pour éviter la casse sociale. La scop apparaît alors comme un outil pour réparer les dégâts sociaux du capitalisme, c'est aussi une forme d'organisation qui laisse entrevoir une plus grande solidarité, une plus grande équité au sein de l'entreprise.

Mais malgré l'engouement en faveur de la société coopérative qui survient à chaque crise, cette forme de reprise reste minoritaire. Pour l'année 2011, les reprises ont représenté seulement 5% des scop créées. Pourtant les performances des scop sont au moins aussi satisfaisantes que celles des entreprises classiques. Et leur capacité à durer plutôt supérieure à la moyenne : au bout de trois ans d'existence, les trois quarts des scop sont encore actives tandis que 66% des entreprises traditionnelles ont mis la clé sous le paillasson.

En revanche, la scop apparaît clairement comme une forme d'organisation plus appropriée pour des entreprises de petite taille. La société normande Acôme, spécialisée dans la fabrication de câbles et de fibres optiques, reste une exception avec ses 1 350 salariés, car seulement 9% des scop françaises comptent plus de 50 salariés. La plupart des scop sont créées au niveau local, par des gens qui se connaissent, qui partagent le même métier. Et puis si elles réalisent les mêmes performances que les entreprises ordinaires, elles sont susceptibles de commettre aussi les mêmes erreurs. C'est ce qu'on a vu dans le scandale de la viande de cheval. La société Spanghero, soupçonnée d'avoir confondu du cheval avec du bœuf, est depuis 2009 dans le giron de la société coopérative basque Lur Berri, visiblement pas très regardante sur les méthodes plutôt cavalières de la filière.

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