Invité Afrique

Habib Sayah, juriste tunisien et directeur de l'Institut Kheireddine

Audio 05:21
Habib Sayah.
Habib Sayah. atlasnetwork/ youtube.com

« Ansar al-Charia, le principal mouvement jihadiste en Tunisie, a déclaré, il longtemps, sa nature jihadiste, a commis des actes terroristes et, chose qui est passée relativement inaperçue, a reçu la bénédiction d’Ayman al-Zawahiri (l'actuel numéro un d'al-Qaïda). […] Ansar al-Charia refuse la logique démocratique, ne reconnaît aucune légitimité à la république et parallèlement a un projet de société, le khalifat, et veut le mettre en place. Entre temps, leur stratégie pré-insurrectionnelle se caractérise par une logique de concurrence à l’égard de l’Etat. […] Il s’agit de démontrer que les jihadistes en Tunisie sont en mesure de se substituer à l’Etat, si jamais la République venait à être abolie et remplacée par un khalifat. […] Une partie d’Ennahda (le parti au pouvoir), l’aile la plus dure et pas la moins influente, comprend de nombreux alliés d’Ansar al-Charia. Et donc, attaquer Ansar al-Charia pour le gouvernement reviendrait à exciter les divisions qui traversent le parti Ennahda ».

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Est-ce la fin d'une longue période de faiblesse face aux jihadistes ? Le gouvernement tunisien vient d'annoncer la création de « cellules de crise » pour « surveiller les activités terroristes dans le maquis et aux frontières du pays ». Abou Iyad, le chef d'Ansar al-Charia, sera-t-il arrêté un jour ?

Le juriste tunisien Habib Sayah a créé l'Institut Kheireddine, un centre de recherches qui veut promouvoir les libertés individuelles en Tunisie.
 

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