Chronique des matières premières

La météo inquiète de nouveau les marchés des céréales

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Dans le comté de Jackson, dans l'Iowa, aux Etats-Unis.
Dans le comté de Jackson, dans l'Iowa, aux Etats-Unis. Getty Images

Le froid retarde considérablement les semis de maïs aux Etats-Unis. L'inquiétude s'empare à nouveau des marchés.  

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L'hiver se prolonge de manière inhabituelle aux Etats-Unis, on compte plus de 30 cm de neige dans l'ouest de l'Iowa, un des grands Etats céréaliers du pays. Quand il n'y a pas de neige, c'est la pluie qui empêche les agriculteurs d'effectuer leurs semis. Se retrouver début mai en n'ayant semé que 5% du maïs, ce n'était pas arrivé aux Etats-Unis depuis près de trente ans.

Les semis de blé de printemps ont aussi pris du retard, alors qu'on avait déjà des craintes pour les blés d'hiver semés antérieurement sur des sols trop secs. On ne peut encore rien en conclure sur les récoltes à venir parce que tout est encore réversible. Ce qui est sûr, c'est que depuis le mois de mars, la météorologie règne en maître sur les marchés des céréales.

Les professionnels disent qu'on est entré dans le « weather market », le « marché météo », dans l'incertitude quasiment jusqu'en septembre, jusqu'à la récolte dans les principaux pays exportateurs de l'hémisphère nord, les marchés seront nerveux, occasionnant des fluctuations très fortes à la hausse ou à la baisse, à la moindre nouvelle, comme on l'a vu en début de semaine, où les cours du maïs ont atteint leur maximum de hausse lundi. On pourrait penser que cette réaction est exagérée, puisque les Etats-Unis prévoient, d'après les intentions de semis, la plus grande récolte de maïs de leur histoire. Mais on avait déjà annoncé ce record l'an dernier, et finalement la sécheresse estivale dans le Midwest avait ruiné cet espoir. Avec à l'arrivée des stocks de maïs au plus bas depuis dix-sept ans.

Même si les réserves de blé sont plus fournies, les pays de la mer Noire, censés compenser les éventuels manques de blé américain, ne sont pas à l'abri d'une nouvelle sécheresse : il fait déjà 28 degrés en Ukraine et un mois de mai très chaud attend la Russie, or c'est entre mai et juin que la chaleur avait anéanti un tiers de la récolte russe il y a trois ans.

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