Revue de presse Afrique

A la Une : des lauriers pour le Kenya

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Le Kenya est présenté comme un modèle pour l’Afrique dans les médias ce matin. Déjà, remarque la presse, l’élection s’est, globalement, déroulée dans le calme. Le scrutin a été jugé libre, équitable, transparent, crédible. Mais, ce que relève le commentateur Nicholas Sengoba, dans le Daily Monitor, en Ouganda, c’est qu’au Kenya, la Constitution ne donne pas au président le droit de désigner les membres de la Commission électorale, ni les juges ! « Dans des pays comme l’Ouganda, poursuit-il, où le président fait ce qui lui chante (...), les résultats seront au contraire toujours suspects ».

D’autres quotidiens, au Burkina Faso, estiment que Raila Odinga a donné une « leçon d’élégance » à l’Afrique.Le Pays se félicite de l’attitude du candidat malheureux à la présidentielle. « L’ancien vice-président (...) a fini par se faire une raison en acceptant le verdict des urnes et le verdict de la Cour Suprême sur les recours de son parti. Et cerise sur le gâteau, il a même adressé ses félicitations à son challenger, Uhuru Kenyatta ». « L’Afrique a souvent rêvé d’un tel épilogue, écrit Le Pays. C’est cela aussi la démocratie : savoir accepter sa défaite et faire preuve d’humilité lorsque les circonstances l’exigent ». « Des centaines, voire des milliers de vie s’en trouvent, par la même occasion, préservées », pense L’Observateur, en référence aux violences post-électorales de 2007.

Le président sera-t-il jugé ?

Néanmoins, ce scrutin ne répond pas à toutes les questions remarque La Nouvelle Tribune. Le journal béninois évoque notamment les ennuis judiciaires du nouveau président.Uhuru Kenyatta « fait l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale ». S’il existe suffisamment de preuves contre lui, cette dernière va-t-elle lancer un deuxième mandat d’arrêt contre un président en exercice ? Uhuru Kenyatta sera-t-il libre de ses mouvements lors de sa comparution ? Autant de questions soulevées par le journal.

Que dire de l’attitude de la communauté internationale ? « Tout comme les chefs d’État africains n’ont pas voulu ouvrir la boîte de pandore, en s’opposant (...) à la comparution du soudanais Omar el-Béchir, ils vont sans doute aussi se solidariser, avec leur désormais homologue kényan », estime La Nouvelle Tribune. Même réflexion dans le Daily Nation, au Kenya. Un dessinateur croque Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, tous deux un boulet de bagnard aux pieds. L’Union européenne, Pékin ou encore Washington s’adressent à eux, heureux de pouvoir travailler avec le Kenya. Le président américain Barack Obama apparait même une scie à la main, susceptible de couper cette fameuse chaine à leurs pieds : « Pas d’inquiétude à propos de cette petite histoire de CPI, dit-il. On va trouver une solution ».

Pour l’analyste politique Nicholas Sengoba dans le Daily Monitor, en Ouganda, c’est pourtant presque une bonne chose que les deux hommes à la tête du Kenya soient sous le coup de ces accusations. Pour lui, « ils vont devoir jouer serré, tant ils sont conscients d’être épiés dans chacun de leur mouvement par cette soi-disant Communauté internationale. La priorité sera donc pour eux la bonne conduite ».

Un président à la CPI en cache un autre…

La presse s’intéresse aussi ce mardi à la politique d’un autre président inquiété par la CPI : Omar el-Béchir. Le soudanais « opte pour la détente », selon Guinéeconakry.info. « Engagé dans un bras de fer avec la communauté internationale en général, et avec la CPI en particulier, le président soudanais semble avoir décidé d’assouplir ses positions vis-à-vis de ses adversaires à l’intérieur même du pays ».

Ces commentaires font suite à la décision lundi de libérer prochainement tous les détenus politiques. « La voie devant déboucher à l’élaboration d’une nouvelle constitution devant remplacer celle de 2005 semble toute ouverte », pense le site d’information. Une constitution « désormais caduque, dont l’objectif était surtout de faciliter la sécession du Sud-Soudan. Cette nouvelle disposition du président Omar el-Béchir vise aussi à faire cesser les conflits qui prévalent respectivement dans plusieurs régions en proie à des rébellions et que le pouvoir soudanais n’arrive pas à endiguer ». « Une invitation au dialogue accueillie favorablement par l’opposition mais plus fraîchement par les rebelles », souligne Jeune Afrique.

La fin de la bataille des bérets ?

Autre titre, ce mardi : le retour des bérets rouges, au Mali, qui rejoignent le front contre les islamistes. « Mieux vaut tard que jamais, commente L’Observateur au Burkina Faso. Les bérets rouges maliens, tenus à l’écart du reste de l’armée malienne depuis le coup d’État du 22 mars 2012, reviennent par la grande porte. Leur apport sera d’autant plus important, pense le journal, que la guerre asymétrique, tant redoutée, s’est installée dans le septentrion malien avec ces kamikazes qui explosent tels des pétards un jour de fête ».

L’Observateur se demande si le Mali s’engage ou non vers une réunification de la Grande muette ? « En tout cas tout semble indiquer que l’on s’achemine vers la fin de la bataille des couleurs de bérets et le début de la vraie guerre : celle contre les groupes islamistes armés. Difficile en effet d’imaginer un pays en guerre avec une partie de l’armée qui joue au PMU et à la pétanque dans les artères de la capitale ». Attention maintenant, prévient encore le quotidien, aux querelles de factions. « Les bérets rouges sont entrés par la grande porte (...). C’est à eux de mouiller le treillis pour ne pas ressortir par la fenêtre ».

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