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Revue de presse française

A la une: l’onde de choc de l’affaire Cahuzac

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D’une semaine à l’autre, un choc chasse l’autre pour les lecteurs de journaux français. Après la mise en examen de l’ancien président Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, celle qui l’avait précédée et qui a pris son relai avec l’aveu de l’intéressé sur son compte bancaire à l’étranger, c’est « l’affaire Cahuzac », du nom de l’ex-ministre du Budget, confondu de mensonge et de fraude fiscale, encore présumée à ce stade judiciaire de l’affaire.

Et ce matin, Le Journal du Dimanche mesure les ravages provoqués chez les Français par cette succession d’affaires. Selon un sondage de l’institut Ifop pour Le JDD, sept Français sur dix, gauche et droite confondues, estiment que l'image de la classe politique est abîmée par l'affaire Cahuzac. L’image de l’Etat en ressort elle aussi affaiblie. 55% des personnes interrogées pensent que l’affaire Cahuzac a un impact plutôt négatif sur celle de François Hollande. Selon ce sondage, six Français sur dix, droite et gauche confondues, souhaitent un remaniement du gouvernement, l’idée de remaniement séduisant davantage les sympathisants de droite que ceux de gauche.

Cahuzac : ya basta !

Le Journal du Dimanche diagnostique une « crise politique sans réelle solution ». Et dans les colonnes de l’hebdomadaire, le député de droite et ancien ministre Laurent Wauquiez, qui vient de rendre public son patrimoine, réclame une « opération mains propres » pour sortir le pays du « coma démocratique » dans lequel il est selon lui plongé.

En attendant, l’affaire Cahuzac « profite aux populistes (et) nourrit les extrêmes », déplore Le Parisien Dimanche, pour lequel le président du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, et la présidente du parti d’extrême-droite Front national, Marine Le Pen, sont les « grands gagnants » de cette affaire. Interrogée par le journal, la ministre de la Culture s’insurge. « Quand on ne fraude pas, c’est insupportable d’entendre « tous pourris ». Voilà pourquoi Aurélie Filippetti lance à Jean-Luc Mélenchon un slogan cher aux altermondialistes latino-américains : « ya basta », lui dit-elle ! Traduction : « maintenant, ça suffit » !

Pour Marianne, le fossé qui à tout moment sépare les « élites » du peuple « est en train de devenir un gouffre ». L’hebdomadaire exprime sa « colère » et s’effare du « désastre républicain » mais aussi de « l’effet de souffle sur l’Elysée » de l’affaire Cahuzac.

Et tandis qu’il n’a pas échappé au Figaro Magazine que l’ancien Premier ministre François Fillon a évoqué une « crise de régime » en France, l’hebdomadaire Le Point publie cette semaine une chronique de Valéry Giscard d’Estaing dans laquelle l’ancien président français lance un « avis de tempête » sur la France, que VGE prédit « pour la fin du printemps ».

Prévision météorologique qui ne manquera pas de surprendre les Français qui, par des températures quasi-glaciales, attendent en chœur la fin de l’hiver. Mais à lire L’Humanité Dimanche, c’est à se demander si, en effet, le printemps ne sera pas chaud, puisque l’hebdomadaire communiste se demande si la France ne va pas avoir droit à un « mai 68 de la droite ».

Berezovsky : côte d’alerte

La mort mystérieuse à Londres de l’oligarque russe Boris Berezovsky… Paris-Match retrace en images la vie romanesque de cet ancien professeur de mathématiques qui s’est immensément enrichi à la chute de l’Union soviétique grâce à ses liens privilégiés avec l’ancien président russe Boris Elstine. Samedi 23 mars dernier, on a retrouvé son corps sans vie dans la salle de bains de sa villa d’Ascot, près de Londres. « Tous les indices convergent vers la thèse du suicide, mais la police se méfie, souligne Paris Match. A « Londongrad », chez ces milliardaires pourchassés par le régime de Poutine, les morts naturelles se font rares… ».

Mystérieuse, la mort de Berezovsky ? Le Nouvel Observateur rapporte un détail relevé par le quotidien britannique The Guardian ; un détail qui cloche dans la scène de suicide, laquelle pourrait bien être alors une scène de crime.. Les résultats de l’autopsie sont certes « compatibles » avec une pendaison, mais le cadavre de Berezovsky découvert dans la salle de bains « avait une côte cassée », étant précisé que l’oligarque était présenté comme un ennemi juré du président russe Vladimir Poutine (le grand ami démocrate de Gérard Depardieu). Pour Le Nouvel Obs, la côte cassée du pendu, c’est donc, logiquement (et cyniquement) « le détail qui tue ».

Houellebecq : extension du domaine de la gêne

Après dix ans passés hors de France, le romancier français, Prix Goncourt 2010, est revenu de son exil irlandais. Pas seulement pour promouvoir son dernier recueil de poésie, Configuration du dernier rivage (Flammarion), mais pour se réinstaller à Paris, près du boulevard périphérique, et pour parler français, sa langue maternelle pour laquelle, dit-il à l’hebdomadaire Le Point, il nourrit un « amour profond et constant », ce qui mérite tout de même d’être souligné chez un artiste qui confesse changer d’avis « deux fois par jour ». Mais pour le français, c’est tout vu. « Il y a une douceur, une harmonie assourdie dans le français qui est très belle, merveilleusement utilisée par Verlaine », savoure Houellebecq, qui ne saurait toutefois confondre le français et la France. Car à son retour d’Irlande, il a constaté une « nette paupérisation du pays » ainsi qu’une « hostilité pure et simple » envers les « gouvernants ». A croire que Houellebecq fait la revue de presse.. Mais la France en a vu d’autres. Et si elle a perdu Gérard Depardieu, elle a retrouvé un grand écrivain. Bonne arrivée Michel Houellebecq !

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