Aujourd'hui l'économie

L’austérité est… stupide

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Selon le ministre australien des Finances, Wayne Swan, l'austérité européenne est «stupide». (Photo: manifestation contre l'austérité à Nantes.)
Selon le ministre australien des Finances, Wayne Swan, l'austérité européenne est «stupide». (Photo: manifestation contre l'austérité à Nantes.) REUTERS/Stephane Mahe

La France persiste et signe dans l'austérité. C'est ce que laisse transparaitre le budget 2013 présenté mercredi en Conseil des ministres. Paris est sur la ligne fixée à Bruxelles, ligne qui suscite de plus en plus de rejet et d'incompréhension dans le reste du monde. La réunion des ministres des Finances du G20 prévue jeudi à Washington promet d'être animée.

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Pour le ministre australien des Finances, l'austérité dans laquelle s'entêtent les Européens est stupide ! Ces mots, prononcés dans une interview donnée au Wall Street Journal, donnent le ton du débat qui aura lieu à huis-clos entre les ministres des Finances du G20.

Ceux qui apprécient cette plate-forme d'échanges parce qu'elle permet d'écouter, d'exprimer des points de vue différents vont être servis. Car il n'y a pas que l'Australie qui conteste la stratégie européenne. Les Etats-Unis ont déjà publiquement encouragé les Européens à relancer la consommation. Le FMI a enfoncé le clou.

Dans son rapport de printemps présenté lundi 15 avril, son économiste en chef Olivier Blanchard constate le décalage entre l'Europe et le reste du monde, l'Europe étant la seule région du monde en récession, il est temps estime t-il, que la relance prenne le pas sur l'assainissement budgétaire. Le Royaume Uni est visé.

Mais cette injonction est valable également pour les pays comme la France qui poursuit une politique d'austérité alors qu'elle a encore des marges de manoeuvre pour favoriser la consommation.

La colère de l'Australie est-elle  justifiée?

Ce pays n'en pâtit pas encore. D'abord parce que sa santé économique est vigoureuse avec une croissance continue depuis vingt ans. L'Australie qui regorge de matières premières, minérales et agricoles, a plus à craindre aujourd'hui du ralentissement de la Chine que de celui de l'Europe.

Néanmoins comme la Chine commence à perdre son appétit légendaire pour les matières premières, notamment minérales, l'Australie a besoin de trouver un relais de croissance ailleurs.

Et l'Australie n'est pas le seul pays asiatique à espérer une embellie de l'Europe, c'est aussi le message qu'a fait passer le Premier ministre indien en visite en Europe la semaine dernière. Et puis ce que Canberra souligne c'est que l'entêtement européen complique la mise au point d'une stratégie globale de relance. C'est justement au G20 de définir une politique globale.

L’Europe veut convertir le G20

Le G20 Finances ne sera sans doute pas le grand soir des politiques de rigueur car les représentants européens ont au contraire l'intention de renforcer les objectifs de lutte contre les déficits. Le G20 a fixé à 90% le ratio souhaitable dette-produit intérieur brut. Et bien des Européens voudraient que leur standard qui est de 60% soit adopté au niveau mondial.

Un niveau impensable pour un pays comme le Japon où le ratio dépasse maintenant les 200%. Certains font entendre une autre petite musique, estimant qu'un objectif chiffré n'est pas forcément l'outil adéquat pour assainir les finances publiques, que c'est à chaque Etat d'établir son objectif en fonction de son histoire et de ses atouts, ce qui revient à laisser l'Europe mener la politique qu'elle entend.

 

Au Japon, les patrons du fabricant de téléviseurs Panasonic vont diviser leurs salaires par deux

C'est leur contribution volontaire à l'effort collectif pour redresser l'entreprise. Ce genre de privation en situation de crise fait partie de la culture des dirigeants nippons. En Europe, la baisse des salaires des hauts dirigeants est dans l'air du temps mais elle est le plus souvent imposée par les actionnaires ou les pouvoirs publics.

La Chine a été en 2012 le pays qui a le plus investi dans l'énergie verte

Elle a repris la première place cédée aux Etats-Unis les deux années précédentes. Et la Chine fait maintenant la course seule en tête puisqu'elle a attiré en 2012 deux fois plus de capitaux que les Etats-Unis pour développer les énergies durables.
 

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