Chronique des matières premières

Le pillage des ressources naturelles se poursuit en Côte d'Ivoire

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Selon les experts de l'ONU, un tiers de la récolte ivoirienne 2011-2012 de noix de cajou aurait été pillée par des contrebandiers.
Selon les experts de l'ONU, un tiers de la récolte ivoirienne 2011-2012 de noix de cajou aurait été pillée par des contrebandiers. DR

Un rapport d'experts de l'ONU dénonce la contrebande qui sévit toujours en Côte d'Ivoire, un manque à gagner pour le pays, et une menace pour la paix.

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Ce qui a mis la puce à l'oreille des experts, c'est que les taxes sur les exportations ivoiriennes avaient très peu progressé depuis la fin de la guerre civile. Ce qui voulait dire que les produits continuaient de sortir frauduleusement du pays. La contrebande aurait porté sur 153 000 tonnes de cacao, plus de 10% de la récolte 2011-2012, principalement évacuée via le Ghana, où les prix sont en outre plus élevés.

Le même tonnage de noix de cajou aurait échappé à la comptabilité du pays, cette fois la contrebande est massive, il s'agit du tiers de la récolte de Cote d'Ivoire, qui est tout de même le deuxième producteur mondial d'anacarde. Une partie du coton ivoirien a continué aussi de sortir du pays en fraude. Le manque à gagner pour l'économie ivoirienne a été chiffré à plus d'un demi milliard de dollars. Autant de revenu d'exportation sur lequel l'Etat ivoirien n'a pas prélevé de taxes pour son budget.

Cette prédation est le fait selon les experts de l'ONU d'un véritable réseau militaro-économique que les anciens chef des Forces nouvelles, alliés d'Alassane Ouattara pendant le conflit, auraient entretenu au sein-même de l'administration ; avec à la clé l'organisation d'une fiscalité parallèle sur les ressources naturelles. Mais les opposants pro-Gbagbo ne sont pas en reste, ils ont eux aussi poursuivi le pillage des ressources ivoiriennes, plus particulièrement les diamants, le bois et l'or.

Les investigations devraient se poursuivre pour savoir si la vente de ces ressources a servi à l'achat d'armement. Pour l'instant les ventes d'armement à la Côte-d'Ivoire sont interdites, mais les experts de l'ONU craignent une ruée sur les armes après la levée de l'embargo, grâce à tous ces revenus illégalement prélevés sur les ressources.

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