Chronique des matières premières

Profits en baisse pour Gazprom

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Le siège du géant gazier russe Gazprom, à Moscou.
Le siège du géant gazier russe Gazprom, à Moscou. REUTERS/Maxim Shemetov/Files

C’est une première en plus de dix ans : Gazprom a enregistré une baisse de ses profits. Le géant russe, qui contrôle le quart des réserves de gaz de la planète, a enregistré en 2012 un bénéfice net en repli de près de 10 %.

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Le bénéfice reste impressionnant : 29 milliards d'euros, mais il est désormais inférieur à celui du géant américain ExxonMobil que Gazprom devançait encore en 2011. Si le chiffre d’affaires du numéro un mondial du gaz a quand même cru de 2,7 %, à 117 milliards d’euros, les ventes totales de gaz ont cédé 5,6 % l’an dernier en particulier en Europe.

Avec la crise dans la zone euro, les volumes de gaz vendus l’an dernier hors Russie et anciennes Républiques soviétiques, ont baissé de 3,6 % l’an dernier. Le boom du gaz de schiste aux Etats-Unis a aussi joué un rôle non négligeable, favorisant les exportations américaines de charbon vers l’Europe au détriment du gaz.

Dans ce domaine, la Russie a-t-elle d'ailleurs raté le coche ? La question revient régulièrement. Les responsables de Gazprom répètent à l’envi qu’ils ne croient pas au potentiel de cette ressource et qualifient le développement du gaz de schiste en Amérique du Nord de « bulle ».

Vladimir Poutine, lui, s'est montré un peu moins catégorique, mais sur la réserve : la Russie « n’a pas tourné le dos » au gaz de schiste, a expliqué le président russe, avant de souligner que cette ressource présentait de nombreux désavantages et notamment des coûts d’extraction élevés. Le pays dispose par ailleurs de gaz en quantité telle qu’il ne sait pas quoi en faire, a aussi noté le chef de l'Etat russe.

Corruption, mauvaise gestion, difficulté de modernisation, Gazprom peine aujourd'hui à s'adapter à un environnement de plus en plus compétitif. Selon l'hebdomadaire Vlast, le gouvernement serait en train de réfléchir à séparer Gazprom en deux entités : l'une qui serait chargée de vendre le gaz naturel et l'autre de le transporter, une idée que le Kremlin a longtemps rejetée mais qui commence visiblement à faire son chemin. Cela permettrait en particulier à Gazprom de se rapprocher des règles de l'Union européenne, qui s'efforce par tous les moyens de réduire sa dépendance au gaz russe.

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