Chronique des matières premières

La classe moyenne chinoise se rue sur les diamants bas de gamme

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Wikimedia Commons

L’appétit des Chinois pour les matières premières ne faiblit pas. Après l’or, ce sont les diamants qui font aujourd’hui rêver les jeunes filles en Chine. Le marché a longtemps été réservé à une élite en quête des plus belles pierres de la planète. Désormais, une nouvelle vague de consommateurs est née et les diamants de qualité inférieure trouvent aussi preneurs.

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Les diamants ne sont plus réservés aux riches en Chine. Les petits, les sans éclats, les « avec quelques défauts », font aujourd’hui la joie de la classe moyenne chinoise. Ces nouveaux consommateurs sont apparus avec l’enrichissement du pays, avec son urbanisation aussi.

Si l’or reste en effet une tradition lors des mariages à la campagne, en ville, l’influence occidentale a modifié les modes de consommation. Il n’y a pas que le café qui a remplacé le thé du matin, le diamant est aussi devenu un passage obligé le jour où l’on se dit « oui ». L’élément déclencheur du premier achat restant le mariage dans 70 % des cas. Et on se marie encore beaucoup dans ce pays.

Depuis 2011, la Chine est le deuxième acheteur de diamants dans le monde devant le Japon, selon les spécialistes elle devrait même dépasser les Américains en 2015.
Comme pour les Etats-Unis, en effet, le marché chinois est désormais divisé en deux. D’une part, une clientèle ultra VIP qui reste obsédée par le plus beau et le plus cher, et d’autre part une classe moyenne aux poches moins remplies et du coup moins regardante sur la qualité des pierres.

Ce constat que l’on peut faire en observant les consommateurs dans les centres commerciaux de la capitale chinoise, se base aussi sur les chiffres que nous ont transmis les douanes chinoises. De janvier à mars cette année, la Chine a importé quatre millions de carats de diamants, soit une hausse de 26,9 % par rapport à la même période l’an passé. Avec, sur le volume global, une très forte augmentation du nombre de pierres en provenance du Zimbabwe qui représente 25 % des importations chinoises, 24 % pour l’Afrique du Sud, 23 % pour l’Inde, 15 % pour l’Union européenne et 5 % pour Israël.

Mais pendant ce temps là, comme le souligne justement les Nouvelles de Pékin, le prix moyen lui n’augmente pas ! Il baisse même de 19 %, car là encore, c’est bien la demande pour les petits diamants qui s’envole. « Le prix au carat d’un diamant pur a augmenté de 7 %, note le quotidien, alors que pour une pierre de même taille avec un petit défaut, les prix se sont élevés de 24 % ».

Pas de quoi pourtant se taper sur les cuisses, ronchonne Zhao de Hua à la veille de l’ouverture de la Foire aux bijoux de Shanghaï. Cette nouvelle vague de consommateurs ne se rabat pas forcément sur les autres pierres fait remarquer le vice-président de l’Association des pierres précieuses et bijoux de Chine : « Si on regarde le marché de la Chine continentale, le prix des bijoux bas de gamme a lui baissé de 30 à 50 % ».

Pour conclure, on note que cette mode des petits diamants est aussi révélatrice d’un changement de mentalité et marque la fin d’un tabou culturel. Jusqu’à présent en effet seules les pierres rares et très chères avaient grâce aux yeux des consommateurs.

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